Le talon d'Achille des virus identifié?

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
grippeavaire-virus Une cellule humaine infectée (bleu) libère le virus A H5N1 (mauve) de la grippe aviaire   © MIT

La crainte d'une pandémie virale, comme celle de la grippe aviaire, pourrait-elle s'estomper?

La relation entre les virus et les protéines considérées comme la première barrière du système immunitaire est mieux comprise grâce aux travaux de chercheurs de l'Université McGill. Cette percée, considérée comme majeure, pourrait rendre les vaccins inutiles dans les prochaines années.

Des chercheurs de l'Université McGill estiment mieux comprendre l'interaction entre les virus et la production des protéines interférons, considérées comme la première barrière du système immunitaire.

Cette percée, considérée comme majeure, pourrait rendre les vaccins inutiles d'ici quelques années.

L'infection virale

Lorsque qu'un virus pénètre dans le corps, il stimule la production de protéines interférons, qui sont responsables de la production de protéines antivirales et anti-bactériennes.

Toutefois, la quantité d'interféron synthétisée lors d'une attaque virale n'est souvent pas suffisante pour éliminer les agresseurs, qui parviennent à se multiplier jusqu'à gagner la guerre.

Le processus de libération d'interféron était inconnu jusqu'à aujourd'hui.

Les gènes de la victoire

Le Dr Mauro Costa-Mattioli et son collègue Rodney Colina, étudiants postdoctoraux au laboratoire du Dr Nahum Sonenberg, affirment comprendre maintenant le mécanisme par lequel les virus provoquent cette libération.

Ils pensent que les virus inactivent les protéines synthétisées par deux gènes (les 4E-BP1 et 4E-BP2) qui répriment la production d'interféron.

Les biologistes affirment que le contrôle de ce processus permet la production d'interféron qui arrête la multiplication des virus.

L'ennemi neutralisé

Lorsque les chercheurs ont supprimé les deux gènes chez des souris, celles-ci sont devenues résistantes aux infections virales.

La production d'interféron est devenue tellement importante chez ces rongeurs que les protéines antivirales résistaient au virus envahisseur qui n'arrivait plus à se reproduire.

De plus, l'interféron induit la production d'autres molécules antivirales qui lutteront également contre les virus.

Question de stratégie

L'équipe de recherche va maintenant porter son attention sur les deux molécules synthétisées par les gènes suppresseurs de la production d'interféron.

Elle pense qu'en inactivant ou en éliminant ces deux protéines qui sont des freins à la production d'interféron, les cellules arriveront à produire beaucoup plus d'interféron, ce qui les rendra résistantes aux infections virales.

L'équipe explore les différentes stratégies qui permettraient de bloquer ces protéines ou de les éliminer.

Le laboratoire SonenbergLe centre de recherche a été nommé en l'honneur de Nahum Sonenberg, biochimiste et professeur à l'Université McGill depuis 1979. Il a reçu un doctorat en biochimie du Weizmann Institute of Science en Israël. Ses travaux portent sur le processus biologique des cellules. Il tente de développer une solution génomique contre le cancer.

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