Technétium-99
Les hôpitaux canadiens qui annulent ou repoussent des tests diagnostiques pour des maladies osseuses ou cardiaques et pour le dépistage du cancer en raison d'une pénurie de technétium-99 (Tc-99m), un élément radioactif, devront patienter plus longtemps que prévu.
Le réacteur nucléaire de Chalk River, où l'on fabrique un isotope radioactif utilisé pour les tests diagnostics de cancers ou de maladies cardiaques, sera fermé au moins jusqu'à la mi-janvier.
En effet, le réacteur nucléaire de Chalk River, où l'on fabrique le Tc-99, sera fermé au moins jusqu'à la mi-janvier, plutôt qu'à la mi-décembre, selon Énergie atomique du Canada.
Les cliniques et les hôpitaux qui possèdent un générateur de Tc-99 utilisent présentement leurs réserves de molybdène-99, produit à Chalk River et qui sert à la fabrication du Tc-99m. Toutefois, la courte durée de vie du Tc-99m rend son stockage à long terme impossible, ce qui rend la situation plus difficile pour les établissements qui ne possèdent pas de générateur.
250 départements de médecine nucléaire utilisent du technétium-99 au Canada, dont 50 au Québec
Et il ne semble pas y avoir de solution rapide, même si des pays, comme l'Afrique du Sud, fabriquent du molybdène-99. En effet, ce produit est considéré comme un médicament par Santé Canada, explique le Dr Daniel Picard, président sortant de l'Association canadienne de médecine nucléaire. Ainsi, l'importation de molybdène-99 d'Afrique du Sud implique qu'il soit homologué par l'agence fédérale, ce qui entraîne des délais.
La situation pourrait toucher de 40 000 à 50 000 patients au pays, estime le Dr Picard.
De son côté, le ministre fédéral de la Santé, Tony Clement, s'est voulu rassurant. Il a annoncé qu'Ottawa était à la recherche d'autres sources d'approvisionnement. Il a ajouté que les cas urgents seront traités.
La centrale nucléaire de Chalk River (archives)
Le Canada avait prévu de fermer en 2005 le réacteur nucléaire de Chalk River, vieux d'un demi-siècle, et de le remplacer par la nouvelle génération de réacteurs Maple. Toutefois, ces réacteurs ont des problèmes. Il faut donc se rabattre sur les vieilles installations pour continuer à produire, entre autres, le technétium-99.
Déjà, certains analystes financiers prévoient que le Canada risque de perdre son leadership mondial en matière de produits radioactifs pour l'imagerie nucléaire. Chalk River alimente pratiquement tout le marché nord-américain, les sociétés pharmaceutiques risquent désormais de regarder ailleurs.