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Samedi 21 novembre 2009 10:21 HNE

En profondeur

L'Arctique, un territoire convoité

La souveraineté sur l'Arctique

Mise à jour le vendredi 28 août 2009 à 12 h 49
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L'Arctique, un territoire convoité

La souveraineté sur l'Arctique

Un brise-glace russe dans l'Arctique

Photo: Vesti

Un brise-glace russe dans l'Arctique

De tout temps, ce sont les États-Unis qui ont inquiété le Canada lorsqu'il revendiquait sa part de souveraineté sur l'Arctique. Ce sont eux qui possédaient les brise-glaces multicoques et les sous-marins nucléaires pour emprunter à leur guise le passage du Nord-Ouest. Toutefois, depuis quelques années, la Russie est aussi descendue dans l'arène.

En mars 2009, la Russie a annoncé qu'elle allait créer des unités militaires dans sa zone arctique, afin de faire de cette région une base de ressources en hydrocarbures, en ressources biologiques, en eau et autres matières premières stratégiques.

Au même moment, le gouvernement fédéral canadien faisait un premier pas pour marquer sa souveraineté dans la région. Ottawa annonçait qu'en vertu de la loi sur la marine marchande, il allait obliger tous les navires qui se dirigeaient vers les eaux de l'Arctique du Canada à s'identifier à l'intérieur des 200 milles marins. Il annonçait également son intention d'élargir de 100 à 200 milles marins sa zone de protection de l'environnement.

Puis, en août et septembre 2009, le Canada et les États-Unis ont entrepris une mission conjointe pour explorer le plateau continental dans l'Arctique, au nord et au nord-est de l'Alaska.

L'Arctique est devenu ainsi un enjeu international important.

La stratégie de la Russie, qu'elle étale d'ailleurs au grand jour, est de repousser la limite des 200 milles marins pratiquement jusqu'au pôle Nord afin de revendiquer les ressources minérales et énergétiques pressenties dans le sous-sol glacé de l'Arctique.

L'enjeu de la dorsale de Lomonossov

Le pôle Nord, considéré comme une zone internationale, est administré par l'Autorité internationale des fonds marins. Toutefois, la Russie a pris des mesures pour se faire reconnaître des droits sur cette zone. Elle s'appuie sur la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui accorde à un pays des droits sur une plateforme sous-marine s'il peut prouver qu'elle est une extension de sa bordure continentale. C'est pourquoi la Russie a entrepris d'indiquer systématiquement sur ses cartes que la dorsale de Lomonossov, qui s'étale sous l'océan Arctique, entre la Sibérie et le Groenland, est une extension de son plateau continental.

D'autres pays ne cachent pas non plus leurs visées sur l'Arctique.

En août 2007, le Danemark avait lancé une expédition scientifique pour vérifier si la même dorsale de Lomonossov était une extension du plateau continental du Groenland.

Au même moment, les États-Unis envoyaient des chercheurs en Alaska sur un brise-glace pour cartographier leur plateau continental sous-marin.

Un mois plus tôt, des explorateurs russes avaient planté un drapeau russe à 4200 m sous la mer, dans une capsule de titane, à la verticale du pôle Nord.

Et le passage du Nord-Ouest?

Les Canadiens ont toujours eu tendance à considérer l'extrême nord de leur terre comme partie intégrante du pays. L'immense archipel gelé est même cité dans la version anglaise de l'hymne national: « The True North strong and free » (le Vrai Nord fort et libre).

Jusqu'à quel point le Nord canadien appartient-il au Canada? À peu près tout le monde s'accorde pour dire que les nombreuses îles parsemées dans l'Arctique, au nord du Canada continental, appartiennent au Canada. Mais qu'en est-il des eaux territoriales entre les îles et le continent? Qui détient l'autorité sur les eaux qui s'étendent entre les îles Somerset et Devon et entre les îles Melville et Banks?

Pour le gouvernement du Canada, il est évident que ces eaux sont canadiennes. Mais les États-Unis et certains autres pays, notamment la Russie, ne sont pas d'accord. Ils considèrent le passage du Nord-Ouest comme un détroit international où tout navire peut passer en toute liberté. Ils sont de plus en plus convaincus que les fonds marins de l'Arctique renferment des ressources qui doivent être partagées entre plusieurs pays du Nord.

En vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, le Canada a jusqu'en 2013 pour faire établir les limites de son plateau continental, ce qui déterminera la zone où il pourra exercer ses droits souverains.

Arctique

La Russie a déjà mené une mission dans l'Arctique pour signifier qu'une
chaîne de montagnes russes se prolongeait jusqu'au pôle Nord.