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Samedi 21 novembre 2009 10:32 HNE

En profondeur

L'Arctique, un territoire convoité

Le réchauffement climatique change la donne

Mise à jour le lundi 29 octobre 2007 à 15 h 54
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L'Arctique, un territoire convoité

Le réchauffement climatique change la donne

Ces dernières années, les scientifiques ont poussé le gouvernement du Canada à faire encore plus d'efforts pour faire valoir sa souveraineté dans le Nord.

glace

Selon Jacinthe Lacroix, conseillère principale en sciences pour Environnement Canada, la glace de l'Arctique canadien a diminué de 32 % dans les années 60. En plus de cela, a-t-elle dit, le réchauffement climatique a élevé de 1,2 degré la température dans l'archipel du Nord canadien. Cela représente deux fois l'augmentation moyenne de la température dans le monde. Selon elle, chaque année, la surface de glace diminue de 70 000 kilomètres carrés; c'est l'équivalent du lac Supérieur. « Certaines études indiquent que si la glace continue de fondre à cette vitesse, il pourrait ne plus y avoir de glace en été dans l'Arctique à la fin du siècle », a affirmé Mme Lacroix.

D'autres scientifiques ont aussi prévu la fonte des glaces, mais sans être d'accord sur le moment où elle surviendra.

En 2004, André Rochon, expert scientifique en chef sur l'Amundsen, brise-glace canadien de recherche, a déclaré que le réchauffement climatique pourrait entraîner la fonte presque totale des glaces dans le passage du Nord-Ouest, qui deviendrait ainsi navigable d'ici 50 ans. En juin 2006, le professeur Michael Byers de l'Université de Colombie-Britannique a dit que le passage du Nord-Ouest serait libéré des glaces dans 25 ans pendant les mois d'été. Il a donc vivement conseillé au gouvernement de prendre des mesures au plus vite.

Selon George Newton de la commission de recherche sur l'Arctique, les entreprises du monde entier se sont éveillées au problème. En effet, en juin 2006, il a signalé que certaines d'entre elles avaient récemment investi 4,5 milliards de dollars pour acquérir des navires en mesure de se frayer un chemin dans les glaces. Le ministre des Affaires étrangères de l'époque, Peter MacKay, était conscient du fait que le réchauffement climatique ferait fondre les glaces de l'Arctique et qu'il faudrait plus de personnel pour la protection du passage du Nord-Ouest.

Il a toutefois écarté la possibilité d'un afflux de navires étrangers vers le passage. « Ces eaux sont encore très dangereuses pour la navigation, a dit MacKay, la glace flottante est aussi un danger. Je suppose que vous n'y verrez pas nécessairement une augmentation des passages, sauf ceux des navires canadiens. »

Jacinthe Lacroix est d'accord, car, dit-elle, même si le passage était libre de glace en été, de gros blocs de glace provenant de l'Arctique y dériveraient. « Il serait très dangereux de naviguer dans la région », a-t-elle dit.