Contaminés et toujours menacés

belugas Le béluga habite le Saint-Laurent depuis plus de 10 000 ans.   © AFP

Les bélugas du Saint-Laurent ne connaissent pas de véritables prédateurs naturels et ne sont plus chassés depuis plus de 25 ans.

La population de bélugas du Saint-Laurent ne montre aucun signe de rétablissement, malgré la fin de la chasse depuis plus de 25 ans et un contrôle plus serré de certains polluants.

Pourtant, cette population ne montre aucun signe de rétablissement, ce qui n'est pas sans inquiéter les scientifiques.

Il est établi que le déclin de l'animal dans l'estuaire du fleuve est principalement lié à la chasse excessive durant le dernier siècle. L'interdiction de cette chasse jumelée à une réglementation plus sévère en matière de contrôle de certains polluants comme le DDT et les PBC devaient permettre à leur nombre de croître de 3 % par année.

Un constat décevant

beluga Le taux de cancer avoisine les 25 % chez les bélugas mâles du Saint-Laurent.   © AFP

La biologiste Véronique Lesage, chercheuse à Pêches et Océans Canada, affirme que le nombre des bélugas, évalué entre 1000 et 1200, n'a pas bougé depuis le début des années 80.

Deux phénomènes aident à comprendre la situation précaire du béluga dans le fleuve:

  • un meilleur calcul de leur longévité
  • l'arrivée de nouvelles sources de contamination qui s'ajoutent aux autres.

Le chercheur Michel Lebeuf, spécialiste de l'Institut de recherche Maurice-Lamontagne, affirme que les carcasses de bélugas présentent des niveaux de produits chimiques réglementés dans les années 80 presque aussi élevés qu'à l'époque.

« Actuellement, le béluga est probablement dans la période où il a accumulé la plus grande charge de contaminants persistants. » — Michel Lebeuf

Un calcul plus précis de l'âge des spécimens explique pourquoi ils présentent toujours un haut taux de contamination aux vieux contaminants.

Les scientifiques pensaient que deux couches de croissance sur une dent correspondaient à une année de vie du mammifère marin, alors qu'elles représentent en fait deux années.

L'espérance de vie du mammifère a ainsi doublé, passant de 35 à 70 ans.

La population actuelle du Saint-Laurent a ainsi vécu l'intense pollution des années 70, notent les chercheurs.

De nouvelles sources de contamination susceptibles de se retrouver dans l'eau du fleuve, comme les organobromés, ajoutés aux plastiques des ordinateurs, et les organofluorés, prisés pour leur propriété anti-adhésive, influencent aussi le nombre de bélugas.

Ces nouveaux contaminants sont transmis aux rares nouveaux nés par le placenta de leur mère.

La majorité des bélugas vivent dans l'Arctique, mais une petite population, isolée et génétiquement indépendante, habite en permanence dans le Saint-Laurent.

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