![]() Science et santé Mémoire affective Apprendre à oublierMise à jour le mercredi 14 janvier 2009 à 14 h 45 Aucun
Le traitement de l'anxiété et de la dépression entrerait-il dans une nouvelle ère? Des chercheurs américains soutiennent que le cerveau humain est muni d'un mécanisme qui lui permet d'effacer les souvenirs difficiles. Le chercheur Brendan Depue, de l'Université du Colorado, soutient que son équipe a montré que l'humain possède la capacité d'apprendre à éliminer sélectivement les mauvais souvenirs de sa mémoire. Nous pensons avoir saisi les mécanismes neuronaux de ce phénomène et espérons que cette découverte ainsi que des recherches futures déboucheront sur de nouvelles approches thérapeutiques et de nouveaux médicaments permettant de traiter un ensemble de troubles émotionnels. — Brendan Depue L'étude Les participants à l'étude ont dû mémoriser 40 paires d'images comprenant un visage humain émotionnellement neutre associé à une scène perturbante comme celle d'un soldat blessé, d'une chaise électrique ou d'un accident de la route. Après cette période dite d'entraînement, ils ont été soumis à un exercice pour déterminer si, à la vue de l'image neutre, ils pouvaient se souvenir de l'image traumatisante correspondante ou l'oublier volontairement. Leur cerveau a été soumis à une imagerie par résonance magnétique à ce moment. Cet examen a permis de visualiser en temps réel le fonctionnement de l'organe. Les travaux montrent que le processus de suppression de la mémoire se situe dans le cortex préfrontal, considéré comme le siège du contrôle des pensées. En outre, les chercheurs ont observé que deux zones du cortex préfrontal agissaient en tandem pour neutraliser l'activité d'autres régions comme le cortex visuel, l'hippocampe et l'amygdale. Ces derniers jouent un rôle important dans la mémoire visuelle et l'émotion. Les résultats de cette étude montrent que le processus de suppression se produit et intervient sous le contrôle des régions préfrontales du cerveau. Cette recherche a montré que les sujets ont pu contrôler leur mémoire émotionnelle en mettant en veilleuse certaines parties de leur cerveau pour empêcher le rappel de souvenirs désagréables. Un cerveau en évolution La partie la plus antérieure du cortex préfrontal, qui joue un rôle actif dans le mécanisme de suppression volontaire de la mémoire, est une caractéristique relativement récente dans l'évolution du cerveau humain. Les chercheurs estiment que la capacité à oublier est un trait positif dans l'évolution humaine. Plusieurs questions restent sans réponse. Par exemple, l'équipe de recherche ignore combien de séances d'entraînement seraient nécessaires pour qu'un soldat traumatisé par la guerre ou une personne victime d'un grave accident puissent apprendre à volontairement oublier ces expériences. Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, avait parlé il y a plus de 100 ans du concept de mémoire réprimée.
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