Une région du cerveau ciblée

cigarette-fondnoir

La science aurait-elle identifié le siège de la dépendance dans le cerveau humain? Des chercheurs américains affirment qu'une partie précise du cerveau, l'insula, est apparemment liée à l'accoutumance à la nicotine.

Des chercheurs américains affirment qu'une partie précise du cerveau est liée à l'accoutumance à la nicotine.

Les travaux d'une équipe de l'Université de Californie du Sud montrent que les personnes chez lesquelles cette zone a été endommagée n'éprouvent plus l'envie irrésistible de fumer.

Les résultats

L'équipe a étudié les dossiers de 69 patients anciens fumeurs ayant subi des dommages cérébraux. Ces dommages touchaient l'insula dans 19 cas.

Pas moins de 13 (68,4 %) de ce groupe ont arrêté de fumer, et 12 d'entre eux y sont parvenus rapidement et facilement. Ils ont même indiqué ne jamais avoir eu d'envie pressante de retoucher à une cigarette.

« L'un des problèmes les plus difficiles dans toute forme d'accoutumance est d'arrêter l'envie irrésistible de fumer, de manger ou de prendre une drogue. Nous avons désormais identifié une nouvelle cible de recherche dans le cerveau. » — Antoine Bechara

Si les chercheurs jugent intéressante cette identification, ils n'estiment pas qu'elle mènera rapidement à la mise au point de médicaments aidant les fumeurs à arrêter de fumer.

Cependant, à court terme, ils pourront évaluer le succès des thérapies antitabac actuelles en mesurant l'activité de cette région du cerveau.

Saviez-vous que?Cette étude est largement inspirée par le cas d'un patient qui fumait deux paquets de cigarettes par jour avant que son Insula ne soit endommagée par une attaque cérébrale. Il avait arrêté de fumer immédiatement après, précisant aux médecins qu'il en avait perdu l'envie.
Qu'est-ce que l'insula?C'est un lobe du cerveau de forme triangulaire situé au fond de la scissure de Sylvius, qui comprend cinq circonvolutions. L'insula reçoit des informations provenant d'autres parties du cerveau et paraît jouer un rôle important pour exprimer différentes sensations comme la faim, la douleur, l'envie de fumer ou de se droguer.

Les résultats complets sont publiés dans la revue Science datée du 26 janvier.