Clinton lance un message d'espoir

Bill Clinton

Pour la deuxième journée consécutive, l'ancien président américain Bill Clinton a pris la parole devant les délégués du 16e Congrès international sur le sida, à Toronto. D'emblée, M. Clinton a admis que l'épidémie continue de progresser et qu'on ne pourra vaincre le sida sans le développement d'un vaccin. L'ancien président américain a toutefois souligné que, malgré ce combat qui semble inégal, beaucoup de progrès ont été réalisés au cours des dernières années.

L'ancien président américain souligne que, malgré les ravages de la maladie, des progrès ont été réalisés au cours des dernières années, par exemple dans la réduction des coûts des traitements.

M. Clinton a notamment parlé de la diminution des coûts des tests de dépistage dans plusieurs pays, ce qui les rend plus accessibles. Il a également indiqué qu'une soixantaine de pays avaient maintenant accès à des médicaments génériques à un prix beaucoup plus accessible qu'auparavant. Il a indiqué qu'on pouvait maintenant offrir la trithérapie à 140 $ par personne annuellement, alors qu'elle coûtait plusieurs centaines de dollars il y a à peine quatre ans.

L'ancien président américain a également lancé un vibrant plaidoyer en faveur de l'intensification des efforts de prévention. Selon lui, les pays, agences et autres intervenants doivent travailler ensemble pour établir de meilleures façons de prévenir le sida, surtout auprès des femmes et des enfants. Selon M. Clinton, un des meilleurs espoirs pour les femmes sera la distribution éventuelle de microbicides, ce qui leur permettra de se protéger elles-mêmes sans être dépendantes de leurs partenaires. Pour les hommes, Bill Clinton a dit fonder beaucoup espoirs sur les études qui pourraient démontrer que la circoncision réduirait les risques de transmission. Il a toutefois ajouté que, dans un tel cas, il faudrait des efforts colossaux pour vaincre les réticences culturelles et sociales face à cette pratique.

M. Clinton en aussi a profité pour dénoncer la doctrine de la prévention du sida par l'abstinence, une réplique directe aux positions du gouvernement Bush et du Vatican dans la lutte contre la maladie. M. Clinton a indiqué que ceux qui prônent l'abstinence comme unique solution à l'épidémie ignorent tout des situations auxquelles font face les femmes dans le monde.

Améliorer la prévention

Plusieurs experts ont joint leur voix, mardi, à celle du président Clinton, pour demander d'accélérer les recherches sur de nouveaux outils de prévention. Le Groupe de travail mondial pour la prévention du sida soutient que plusieurs études sur des outils prometteurs sont présentement en cours et qu'il ne faudrait qu'une simple volonté des autorités responsables pour qu'ils soient disponibles très bientôt.

Selon le groupe, les recherches sur les microbicides, un gel vaginal qui bloque la transmission du virus VIH, et la circoncision, par exemple, sont bien avancées et ces méthodes pourraient être disponibles d'ici un à cinq ans.

Avec 24 millions de cas estimés, l'Afrique subsaharienne est la région la plus touchée.

Parmi les autres outils de prévention prometteurs, le groupe a notamment parlé des diaphragmes, de l'administration préventive d'antirétroviraux et des soins contre l'herpès, dont les plaies facilitent le passage du virus.

L'organisation Médecins sans frontières (MSF) a également lancé un appel à développer des outils mieux appropriés pour contrer la maladie, surtout auprès des enfants. MSF a notamment demandé une « action immédiate » pour adapter le dosage et les prix des traitements pour les quelque 600 000 enfants gravement malades du sida.

« Nous savons qu'il est possible de soigner ces enfants, mais nous pourrions en atteindre tellement plus avec les outils appropriés », a souligné le Dr Moses Masaquoi, coordinateur de MSF au Malawi.