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Quelques cas en Californie et à New York il y a 25 ans. Quarante millions partout sur la planète aujourd'hui. Et déjà, 25 millions de morts.
Le sida est devenu, très vite, une maladie vraiment pas comme les autres. Nouvelle maladie infectieuse au moment où l'on croyait avoir vaincu les microbes. Maladie étudiée plus que toute autre par la science, mais qui ne lui a pas encore livré tous ses secrets. Maladie sociale et politique. Maladie emblématique de notre temps. Maladie, également, révélatrice des injustices entre les personnes, entre les groupes, entre les pays, entre les riches et les pauvres, entre ceux qui ont droit à la santé et ceux qui n'y ont pas droit, entre le Nord et le Sud.
Tout est dans le sida : la vie et la mort, l'amour, la sexualité, le sang, la peur, le courage. Tout, la solidarité et l'injustice, la discrimination et les luttes pour les droits de l'homme, la compassion et l'intolérance. C'est pourquoi le sida est un sujet dont je ne me lasse pas. Un sujet qui me fascine, depuis près d'un quart de siècle, comme journaliste scientifique et médical, bien sûr, mais aussi comme homme et comme citoyen.
Faire le tour de la planète sida était tout naturel cette année. Pour le 25e anniversaire de sa « naissance scientifique », qui tombe le 5 juin. Et pour se préparer à recevoir, en août, de la grande visite : la 16e édition de la Conférence internationale sur le sida aura lieu à Toronto. Toute l'équipe des Années lumière y sera pour présenter une édition quotidienne du magazine.
En plus du reportage documentaire de deux heures sur les 25 ans du sida, diffusé le 4 juin, j'ai fait une série de reportages, pour Sans frontières et Dimanche magazine, sur deux pays révélateurs de l'état actuel de la planète sida. L'Inde, dont on se demande si elle sera capable de maîtriser une épidémie qui couve chez elle depuis plusieurs années. Et le Rwanda, un de ces pays d'Afrique d'où il est possible - eh oui ! - de rapporter de bonnes nouvelles à propos du sida.
Yanick Villedieu