
La machette ou le virus, ou le sida dans le génocide
La machette et le virus, ou le sida dans le génocide rwandais
![]() Photo: Chantal Lavigne Un gacaca dans un village rwandais |
Le 2 octobre 1998, le Tribunal pénal international pour le Rwanda (qui siège toujours à Arusha, en Tanzanie) a officiellement reconnu le viol comme acte de génocide et l'utilisation du VIH/sida comme arme de guerre.
L'instance condamnait, en effet, l'ancien bourgmestre Jean-Paul Akayesu à trois peines d'emprisonnement pour génocide et crimes contre l'humanité, ainsi qu'à 80 ans d'emprisonnement pour viol et pour d'autres crimes, dont l'incitation au viol et à la violence sexuelle.
Cette reconnaissance en haut lieu a poussé les gacacas - des tribunaux traditionnels restaurés dans les communautés pour poursuivre les dizaines de milliers de responsables de crimes de génocide - à vouloir sanctionner de tels affronts.
Pourtant, de nombreuses lacunes dans le système empêchent encore, parfois, les survivantes d'obtenir réparation ou d'avoir accès à une réelle justice. Parmi ces lacunes : un manque de formation des autorités au sujet des crimes de violence sexuelle, la faible proportion de femmes policières et l'absence de protection efficace des témoins dans les villages. Ces manquements poussent les femmes et les filles, victimes de viol entre avril et juillet 1994, à continuer de lutter pour être aidées et dédommagées.
Des femmes, devenues séropositives à la suite de viols commis durant le génocide, ont bien voulu expliquer à Yanick Villedieu pourquoi, pour elles, le combat n'est pas terminé.
Reportage diffusé à Sans frontières le 19 juin 2006
« Rwanda: Pas de justice pour les rescapées de viol »
Communiqué de Human Rights Watch - 30 septembre 2004
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