Certains oiseaux ont peine à s'adapter aux changements climatiques. Une étude néerlandaise le prouve sans l'ombre d'un doute.
Certaines espèces d'oiseaux migrateurs arrivent désormais en Europe après la période où les insectes qui leur servent de nourriture sont les plus abondants, une menace pour leur survie.
Dans certaines régions européennes, le printemps arrive plus rapidement depuis quelques années. Résultats: les bourgeons des arbres sortent plus vite, et les insectes comme les chenilles apparaissent aussi plus tôt.
Toutefois, certains oiseaux comme les gobe-mouches n'ont pas modifié leur horaire. L'observation de certaines populations montre que lorsqu'ils arrivent aux Pays-bas, en provenance de leurs quartiers d'hiver africains, ils le font désormais après la période où les insectes qui leur servent de nourriture sont les plus abondants.
Cette période se produit 16 jours plus tôt. Cependant, la date d'arrivée des oiseaux n'a avancé que de 10 jours.
Cela représente, selon les chercheurs, une menace pour leur survie. En fait, dans les zones où les chenilles sont abondantes début mai, soit deux semaines plus tôt qu'auparavant, 90 % de la population des gobe-mouches a disparu.
Dans les endroits où le sommet du nombre d'insectes est atteint fin mai, la population de migrateurs a chuté de seulement 10 %.
S'adapter ou disparaître
Les auteurs de l'étude estiment que cette situation dépasse le cas des gobe-mouches noirs. En fait, le réchauffement menacerait plusieurs autres oiseaux migrateurs.
Ils ont tenté de comprendre pourquoi les gobe-mouches ne modifient pas leur période de ponte et sont incapables de s'adapter au changement. Leurs résultats laissent penser qu'en dépit des hivers plus doux, leur migration intervient toujours à la même période de l'année.
L'étude complète sera publiée dans le magazine Nature.