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Procès Microsoft : Bill Gates témoigne en personne Mise à jour le vendredi 3 mai 2002, 18 h 22 . . Le légendaire Bill Gates est venu en personne lundi à Washington défendre son groupe, Microsoft, au procès qui l'oppose à neuf États américains, affirmant que les sanctions réclamées par ces derniers dévalueraient grandement le premier éditeur mondial de logiciels.
 . | Bill Gates, cofondateur de Microsoft
| C'est la première fois que Bill Gates témoigne au procès antitrust de Microsoft, reconnu coupable de pratiques monopolistiques. Il s'était tenu à l'écart des débats lors du premier procès, qui s'était ouvert en octobre 1998. Mais la diffusion alors par le gouvernement américain de l'enregistrement vidéo de sa déposition, dès l'ouverture des audiences, avait porté un tort considérable à la défense.
L'homme le plus riche du monde, avec une fortune estimée à quelque 53 milliards de dollars, y apparaissait arrogant, peu coopératif et étrangement peu au fait de nombreuses stratégies de son groupe.
Interrogé par Dan Webb, un des avocats de Microsoft, Bill Gates, vêtu d'un costume bleu marine, a posément déclaré lundi que « Windows ne serait plus une plate-forme uniforme » si les sanctions réclamées par les États étaient appliquées, et si les fabricants d'ordinateurs pouvaient décider d'y apporter des « modifications arbitraires ».
 . | Les États en procès - qui ont rejeté l'accord à l'amiable conclu en novembre 2001 entre Microsoft et le gouvernement américain ainsi que neuf autres États - demandent surtout que le groupe soit obligé d'offrir une version « modulable » de son système d'exploitation Windows, en plus de la version traditionnelle incluant des fonctions comme la navigation sur Internet et la messagerie.
La version simple pourrait ainsi être personnalisée selon les besoins des utilisateurs, qui pourraient choisir d'y incorporer des logiciels concurrents à ceux de Microsoft. Il pourrait ainsi y avoir une version Gateway de Windows, ou une version Dell, et les utilisateurs d'applications ne « sauraient pas avec quelle version fragmentée de Windows elles seraient compatibles », a souligné Bill Gates.
Dans son témoignage écrit, il affirme que Microsoft serait incapable de développer la version de Windows réclamée par les États plaignants et serait ainsi contraint de retirer son logiciel vedette du marché. Windows est installé sur neuf ordinateurs sur dix vendus dans le monde.
Bill Gates déclare également que les sanctions proposées « priveraient Microsoft de l'essentiel de la valeur économique de ses deux produits les plus importants, Windows et Office, provoquant un énorme transfert des droits de Microsoft sur la propriété intellectuelle de ces deux produits à ses concurrents ».
Windows et Office assurent environ les deux tiers des revenus de Microsoft, selon Bill Gates, qui a abandonné il y a deux ans la gestion au jour le jour de Microsoft pour se consacrer à la stratégie logicielle.
Les éditeurs de logiciels, qui seraient contraints de « réinventer la roue » chaque fois en l'absence de plate-forme stable sur laquelle fonctionneraient leurs produits, verraient leurs coûts augmenter, souligne-t-il.
De la même manière, la prolifération d'innombrables versions de Windows sèmerait la confusion parmi les consommateurs et l'application des sanctions proposées reviendrait « à faire une marche arrière de dix ans dans le développement de Windows, a affirmé Bill Gates. Windows serait figé jusqu'en 2012 (la durée des sanctions proposées) avec une fonctionnalité de 1992 », ajoute-t-il.
La juge Colleen Kollar-Kotelly devra décider, à l'issue des audiences qui doivent durer encore trois semaines environ, si elle imposera des sanctions, et lesquelles, contre Microsoft. Elle doit également approuver l'accord à l'amiable.
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