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Londres lance une bourse des gaz à effet de serre Mise à jour le lundi 1 avril 2002, 14 h 05 . .  . | Entrée de la Bourse de Londres
| Le gaz carbonique (CO2), plus important des gaz dont les rejets réchauffent l'atmosphère, va devenir mardi à Londres un titre de bourse tout comme aujourd'hui l'action X ou Y, le pétrole, le coton ou le cacao. Selon des courtiers en énergie de la City (centre des affaires), ce qui sera en fait échangé sur ce nouveau marché électronique, ce sont des quotas de réduction d'émissions de CO2 et des cinq autres gaz à effet de serre visés par le protocole de Kyoto.
Les principaux opérateurs seront des entreprises britanniques très polluantes qui doivent diminuer leurs émissions pour permettre à Londres de respecter cet accord international de lutte contre le changement climatique. Interviendront aussi des sociétés étrangères ayant leurs activités dans d'autres pays engagés par Kyoto ainsi que des ONG, voire des particuliers, n'ayant aucune obligation mais voulant se donner une image verte ou boursicoter, explique Martin Collins, de la maison de courtage Natsource.
L'idée d'échanger des droits d'émettre de la pollution est née aux États-Unis en 1990 lorsque l'administration américaine a obligé les entreprises à diminuer leurs rejets de SO2 (gaz sulfurique) pour combattre les pluies acides. Elle vise à faciliter les investissements dans des technologies propres là où ils sont le moins cher à réaliser.
 . | Un sidérurgiste britannique pourra ainsi juger plus rentable de différer un investissement et de ne pas abaisser ses rejets de CO2, quitte à acheter des droits d'émission à une cimenterie britannique ou étrangère qui, en se modernisant à bon compte, aura diminué ses rejets polluants plus que nécessaire. Pour l'atmosphère, qui ignore les raisons sociales et les frontières, le résultat est le même.
La Grande-Bretagne doit réduire ses émissions de 12,5 % entre 2008-2012 par rapport à 1990, en application de Kyoto. Elle s'est engagée avec ses partenaires européens à ratifier le protocole en vue de le faire entrer en vigueur malgré l'opposition des États-Unis.
Le marché britannique est le premier marché d'envergure créé sous le contrôle des pouvoirs publics pour les gaz à effet de serre. Il couvre toutes les branches, sauf la production d'électricité et les six gaz de Kyoto. Un marché national existe depuis 2001 au Danemark, mais il est limité aux rejets de CO2 de huit compagnies d'électricité.
En faisant oeuvre de pionnier, la Grande-Bretagne veut faire de la City une plaque tournante du futur marché international du CO2 qui doit naître en 2008. À court terme, elle espère influencer les modalités du marché européen qui sera expérimenté à partir de 2005 et a été présenté en avant-projet par la Commission en octobre dernier.
Son dispositif, publié en août, vise d'abord les 6000 entreprises britanniques qui ont conclu des accords avec l'administration pour réduire leurs émissions polluantes en échange d'une baisse d'écotaxe (climate change levy) allant jusqu'à 80 %. Il intéresse aussi 34 multinationales (BP, Shell, Dalkia, DuPont, Ford, Rolls Royce, Rhodia...) qui ont vendu début mars aux enchères des tonnages de CO2 aux pouvoirs publics.
 . | L'État a mis sur la table 215 millions de livres (500 millions de dollars canadiens). Il a obtenu en échange plus de quatre millions de tonnes de CO2 que les vendeurs ont promis d'éliminer de l'atmosphère en cinq ans (2002-2006), selon un communiqué du ministère de l'Environnement de Grande-Bretagne.
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