PQ: francisation et nationalisme occultent la cultureMise à jour le jeudi 13 octobre 2005 à 0 h 02 . Les candidats à la direction du Parti québécois tenaient leur troisième débat, mercredi soir, à Trois-Rivières. Le thème de la soirée était la culture, mais les neuf candidats ont plutôt abordé les questions de francisation, d'intégration des immigrants et de nationalisme.
 . | | André Boisclair . | Attaqué de toutes parts lors de la dernière joute oratoire, André Boisclair n'a pas essuyé de critique majeure. Néanmoins, l'ancien ministre de l'Immigration a connu un échange intéressant avec Ghislain Lebel sur le type de nationalisme.« Certains pensent que l'on devrait défendre un propos sur le nationalisme ethnique, je suis contre, a lancé M. Boisclair. Je suis pour une citoyenneté de sol, et pas pour une citoyenneté de sang. »
M. Lebel lui a répliqué en donnant l'exemple d'un Québécois « de souche » qui a de la difficulté à se trouver un emploi puisqu'il ne répond pas aux critères de discrimination positive, établis, selon lui, par le dernier gouvernement péquiste.
 . | | Pierre Dubuc . | Devant le constat de Pierre Dubuc sur les difficultés de francisation des allophones, M. Boisclair a toutefois reconnu, comme les autres candidats, l'échec du gouvernement péquiste. Il a prôné une approche commune des ministères de l'Éducation et de l'Immigration.Il a aussi réclamé une mobilisation des employeurs, des employés et des syndicats pour cette « corvée » M. Boisclair a également défendu sa décision d'abolir les Centres d'orientation et de formation des immigrants (COFI) lorsqu'il était ministre. Il dit avoir voulu favoriser l'intégration des immigrants à la société en les incitant à apprendre le français dans les cégeps et les universités, au milieu d'autres Québécois. Saint-André se fait couper le micro
 . | La présidente d'élection, Lyne Marcoux, a fait éteindre le micro du candidat Jean-Claude Saint-André lorsqu'il a tenté de citer une affirmation de Joseph Facal à Pauline Marois. Elle a estimé qu'il sortait trop du thème de la culture.Mme Marois en a profité pour lui rappeler que ses adversaires n'étaient pas devant lui, mais qu'il devait plutôt attaquer Jean Charest et les libéraux. De son côté, Richard Legendre est revenu en martelant le même message sur l'échéance référendaire que lors des deux débats précédents: le Québec ne doit présenter qu'un budget provincial avant de faire la souveraineté pour récupérer l'ensemble des sommes du fédéral. Il a tenté de convaincre Mme Marois de se prononcer sur cette question, mais la candidate a préféré répéter qu'elle voulait avant tout remporter le prochain référendum. Mme Marcoux a dû ramener les deux candidats dans le thème du débat. Mme Marois a aussi pris l'engagement de faire connaître le Québec comme terre francophone à ceux qui voudraient y immigrer. Et la culture?
 . | | Pauline Marois . | En ce qui a trait à la culture, la candidate a proposé de permettre aux artistes de présenter leurs oeuvres partout dans les événements culturels et les établissements de leur région, comme les bars. Elle a ainsi plaidé pour une « culture de proximité ».M. Legendre a abondé dans le même sens, estimant que la culture permettait de dynamiser les régions et constituait un bon moyen pour contrer l'exode des jeunes. Il a proposé la création de fonds régionaux pour aider la relève, les diffuseurs et les créateurs. De plus, il a dit vouloir miser sur Télé-Québec pour assurer la diffusion de la culture des régions. De son côté, Jean Ouimet a estimé qu'il fallait sortir les artistes de la pauvreté.
 . | | Louis Bernard . | Louis Bernard, fort de l'appui de la veuve de René Lévesque, Corinne Côté, plus tôt dans la journée, s'est penché sur la façon de préserver la culture au milieu de la mondialisation.Il a dénoncé le gouvernement Charest, qui demande la permission à Ottawa pour faire entendre une timide voix sur la scène internationale. Le prochain débat aura lieu mercredi prochain, à Québec, et portera sur la souveraineté.

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