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Course à la direction du PQ: Boisclair pris à partie

Mise à jour le jeudi 29 septembre 2005 à 7 h 37
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Les neuf candidats à la direction du Parti québécois ont croisé le fer à Montréal, mercredi soir, dans le deuxième d'une série de sept débats, consacré au développement durable et à l'économie.


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La joute oratoire a notamment été marquée par un échange acerbe entre Richard Legendre et André Boisclair, pris à partie pour le moratoire qu'il a décrété sur les nouvelles porcheries lors de son passage au ministère de l'Environnement. M. Legendre a accusé son adversaire de s'être mis à dos toute la classe agricole.


Extrait vidéo
Josée Thibeault trace les grandes lignes du débat.
Extrait audio
Louiselle Lévesque résume ce second débat des candidats du PQ.
« Je dis quoi [aux agriculteurs] pour réparer les pots cassés? », « Quelles sont les mesures concrètes qui vont avec le mea culpa? » a notamment demandé M. Legendre à son adversaire, forcé de justifier cette décision.

M. Boisclair a rétorqué qu'il était fier de ce moratoire qui a contribué à réduire la pollution d'origine porcine et que tout le caucus était alors derrière lui.

Le favori dans cette course à la direction a par ailleurs été chaleureusement applaudi, mais également hué, à chacune de ses interventions.

Le développement durable rallie les candidats

André Boisclair a avancé qu'il fallait « protéger ce qui doit l'être et développer ce qui peut l'être », suggérant notamment d'instaurer une redevance pour l'utilisation de l'eau à des fins commerciales et industrielles, de soutenir les réseaux de transport en commun des villes et de renforcer la Loi sur la qualité de l'environnement.


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Pauline Marois y est allée de quelques propositions concrètes, comme la mise sur pied d'un projet de 10 000 mégawatts en dix ans et la création d'« Eau-Québec », notamment chargé de gérer des redevances sur l'eau. Elle a également soutenu le développement de l'hydro-électricité, « le transport en commun et alternatif » et les énergies renouvelables.

Richard Legendre a, de son côté, affirmé qu'on devait faire de la formation « la priorité du Québec moderne ». Le candidat favorise aussi le transport en commun, mais également les voitures hybrides, le développement de l'énergie éolienne et la géothermie. Il a en outre soutenu qu'il fallait « cesser d'opposer développement et environnement ».


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Cette affirmation a fait sourciller l'ancien chef du Parti vert, Jean Ouimet, visiblement dans son élement au cours de ce débat, affirmant que les deux se trouvaient souvent en opposition.

Il a notamment prôné un partage plus équitable entre le Nord et le Sud, mais également entre les riches et les pauvres de notre société. Appelant les citoyens à l'engagement et à la participation, il a soutenu qu'il fallait « soutenir les comportements responsables pour l'avenir de nos enfants et de nos petits-enfants ».


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Présentant le virage vers le développement durable comme une « nouvelle Révolution tranquille », l'ancien haut-fonctionnaire Louis Bernard a réussi à faire rire l'assistance: « Je suis moi-même un produit du développement durable: je suis un fonctionnaire recyclé dont on a étendu le cycle de vie ».

Il a martelé l'importance pour le Québec d'accéder à l'indépendance s'il voulait faire du développement durable une priorité. Une autre priorité: aider les entreprises en concurrence contre des rivales mondiales. L'État doit être derrière des entreprises comme Bombardier, soutient-il.

D'autres propositions


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Ghislain Lebel a de son côté plaidé pour le développement de l'économie des régions et soutenu qu'il ne fallait pas « virer le gouvernement Charest » pour proposer le même modèle.

Commentant l'intervention de l'État, il a notamment déploré que le gouvernement ait par le passé dilapidé des fonds publics, essentiellement pour des raisons politiques. L'État doit intervenir lorsqu'il existe au moins une chance de réussite, a-t-il plaidé.

« La crise du pétrole annonce la fin du Canada »

Pierre Dubuc a, de son côté, dénoncé ce qu'il a qualifié de « déséquilibre fiscal entre l'Alberta et les autres provinces ». « La crise du pétrole annonce la fin du Canada », a-t-il soutenu. Il a proposé de fixer un prix maximum à l'essence et de réduire notre dépendance au pétrole, grâce notamment au transport en commun.

Se portant à la défense des travailleurs forestiers, il également plaidé pour un réaménagement de la forêt en fonction des ressources, de concert avec les travailleurs.

On propose de nationaliser l'eau

Pour sa part, Jean-Claude Saint-André a soutenu qu'il fallait sortir les multinationales des forêts du Québec et nationaliser l'eau. Il s'est également attaqué à l'appauvrissement des travailleurs. « Laissons le néolibéralisme aux libéraux », a-t-il dit. Selon lui, il faut soutenir davantage les PME, abandonnées par le PQ, a-t-il dénoncé. Il en a profité pour décocher une flèche à l'endroit du premier ministre Charest, disant qu'il fallait créer des emplois ici et non en Chine.

Gilbert Paquette s'est permis de critiquer les meneurs de cette course, disant que l'appui envers les candidats n'était pas proportionnel au contenu qu'ils défendaient. Lui aussi croit qu'il faut aller plus loin qu'imposer des redevances sur l'eau en nationalisant la ressource. Il promet également d'investir dans le transport en commun et a soutenu qu'il fallait s'attaquer aux « lois antisyndicales » du gouvernement Charest et aider les agriculteurs.

Le déroulement de la soirée

Les neuf candidats ont exprimé leur position sur le thème durant quatre minutes, avant de débattre, par groupes de trois, choisis au hasard. Chacun a ensuite répondu à une question écrite posée par un militant, avant de présenter leur conclusion. Les échanges étaient modérés par la présidente d'élection, Lyne Marcoux.

Près de 2000 personnes ont assisté au débat. La première rencontre, il y a une semaine à Sherbrooke, portait sur la solidarité et les finances publiques.

Les cinq autres rencontres, prévues d'ici le 9 novembre, porteront sur la culture, la souveraineté, le développement et l'occupation du territoire, l'éducation et la santé.

Le choix du nouveau chef aura lieu les 13, 14 et 15 novembre, par un vote téléphonique.


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