Nomination de Michaëlle Jean: Paul Martin veut calmer le jeuMise à jour le vendredi 12 août 2005 à 16 h 53 . Le premier ministre Paul Martin n'apprécie pas les propos de certains de ses homologues provinciaux et territoriaux, réunis à Banff dans le cadre du Conseil de la fédération.
 . | | archives . | Vendredi matin, le premier ministre a téléphoné au président de la Conférence, le premier ministre albertain Ralph Klein, pour se plaindre des propos qu'il a tenus jeudi ainsi que d'autres premiers ministres.En point de presse, M. Klein a déclaré que M. Martin devait expliquer son choix de Michaëlle Jean en tant que gouverneure générale, ce qui n'a pas eu l'heur de plaire au premier ministre fédéral. M. Martin a répété que pour lui, il est clair que Mme Jean et son conjoint sont des fédéralistes, qu'ils ont un engagement clair à l'endroit du Canada et que toutes les vérifications ont été faites. Déjà, jeudi soir, M. Martin a qualifié les critiques des auteurs souverainistes à l'endroit de Mme Jean et de son conjoint de « campagne de salissage » de la part des détracteurs de M. Lafond, preuve selon lui qu'ils « savent bien que cette nomination est très bonne pour le Canada et pour le Québec ». Autres commentaires Il n'empêche que vendredi, d'autres premiers ministres ont dit espérer que M. Martin avait pris les précautions nécessaires avant de procéder à la nomination de la successeure d'Adrienne Clarkson.
 . | | Bernard Lord . | Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, a déclaré que la décision de nommer Mme Jean au poste de gouverneure générale appartenait au premier ministre Paul Martin et qu'il fallait respecter son choix.M. Lord a toutefois ajouté qu'il espérait que le bureau du premier ministre avait procédé à toutes les vérifications nécessaires avant d'arrêter son choix. Il a aussi dit espérer que Mme Jean croyait au Canada.
 . | | Gordon Campbell . | Interrogé lui aussi, le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, a émis une opinion semblable.Tout en voulant manifestement se tenir loin de la controverse, M. Campbell a déclaré qu'il ignorait tout du passé de Mme Jean et comment elle avait voté dans le passé, mais il dit tenir pour acquis que la gouverneure générale désignée est canadienne et qu'elle appuie le Canada. Il croit tout de même que Mme Jean devrait répondre aux questions sur sa vision de l'unité canadienne. L'« accusation » de René Boulanger
 . | | Michaëlle Jean lors de sa nomination, en compagnie de Jean-Daniel Lafond et de leur fille Marie-Éden . | Le journal indépendantiste Le Québécois publiera en septembre un texte de René Boulanger pour évoquer le passé indépendantiste de M. Lafond. Le texte est déjà publié sur le site indépendantiste Vigile.net.L'auteur évoque les relations longtemps entretenues par M. Lafond avec d'anciens membres du Front de libération du Québec, non seulement dans le cadre de son travail de cinéaste, mais aussi dans la vie de tous les jours. Selon René Boulanger, M. Lafond est un pur indépendantiste qu'une enquête de sécurité n'a sûrement pas pu ignorer.
Le cinéaste lui aurait déjà raconté que la bibliothèque de sa résidence avait été construite par l'ex-felquiste Jacques Rose et qu'elle contenait un double fond pour cacher des armes, si nécessaire.Lanctôt dénonce des « prétentieux » En outre, dans un texte d'opinion publié dans La Presse, un autre ancien felquiste, l'ex-éditeur Jacques Lanctôt, attaque la prochaine gouverneure générale et son conjoint, les qualifiant de couple de « prétentieux » pratiquant un « pauvre journalisme ». « Loin de célébrer cette nomination, je m'attriste de voir encore une fois le crétinisme triompher », écrit-il. M. Lanctôt s'indigne du traitement que Mme Jean a réservé à Cuba dans un de ses reportages à Radio-Canada, en 1999. De plus, l'ancien felquiste accuse Jean-Daniel Lafond de verser dans l'enflure verbale, l'absence totale de sens critique et le désir incessant de se mettre en évidence dans ses films. Jacques Lanctôt faisait partie de la cellule du FLQ qui a kidnappé le diplomate britannique James Richard Cross lors de la crise d'octobre, en 1970. Les allégeances de Michaëlle Jean Certains militants souverainistes croient même que Michaëlle Jean a aussi eu des sympathies séparatistes, d'où leur désarroi face à sa nouvelle fonction. Gilles Rhéaume, membre du conseil général de la Société Saint-Jean-Baptiste, a écrit à la future vice-reine pour lui demander comment elle avait voté lors du référendum sur la souveraineté du Québec, en 1995. « Tout cela habituellement est du domaine privé, mais désormais que votre personne est au service de la couronne, vous ne vous surprendrez pas que les opinions publiques canadienne et québécoise estiment de leur intérêt d'en savoir davantage sur vos convictions philosophiques, sociales et politiques », écrit-il dans sa missive.

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