1,2 million versés illégalement au PLCMise à jour le vendredi 8 avril 2005 à 14 h 59 .
 . | Le juge John Gomery, qui préside la Commission d'enquête sur le programme de commandites, a levé la plus grande partie de l'ordonnance de non-publication frappant le témoignage de l'ancien président de Groupaction, Jean Brault.Devant la commission Gomery, M. Brault a mis en lumière un véritable système occulte de financement du Parti libéral du Canada (PLC) à partir de l'argent provenant de contrats de commandites.
De 1993 à 2002, Jean Brault affirme que des dirigeants du PLC lui ont demandé de retourner illégalement plus de 1,2 million de dollars dans les coffres du parti, compte tenu des lucratifs contrats de commandites décrochés par Groupaction.M. Brault affirme qu'avant de travailler avec le PLC, il n'avait jamais fait de fausses factures de sa vie.
 . | | Jean Brault devant la commission Gomery . | Les contrats de commandites ont tout bousculé: livraison d'enveloppes pleines d'argent, fausses factures, faux emplois pour des organisateurs libéraux.« N'eut été de ces contributions politiques au parti, je pense que la portion de la tarte aurait été plus petite », a-t-il lancé, en référence aux nombreux contrats obtenus par Groupaction. De hauts dirigeants du PLC impliqués Ce sont des hauts dirigeants du Parti au Québec, comme Benoît Corbeil, ancien directeur du PLC, Joseph Morselli, organisateur proche d'Alfonso Gagliano et responsable du financement jusqu'en 2002, et Jacques Corriveau, un ancien organisateur libéral proche de Jean Chrétien, qui lui auraient directement demandé de contribuer au PLC.
 . | | Jacques Corriveau (archives) . | Ces hauts dirigeants seraient donc directement impliqués dans le financement illégal du parti, une révélation qui explique l'effervescence qui règne à la Chambre des communes depuis quelques jours.« L'État et la politique ne faisaient qu'un dans le cas des commandites », a raconté M. Brault. Néanmoins, tout au long de son témoignage, l'ancien président de Groupaction a épargné les élus, avec lesquels, dit-il, il ne parlait pas de ces choses-là. 52 millions de dollars de contrats
Pour gérer ses relations avec le PLC, Jean Brault a déclaré qu'il avait engagé le libéral Alain Renaud. Grâce à ses contacts, Groupaction a obtenu plus de 52 millions de dollars de contrats de commandites fédéraux. « On commençait à sentir quelle était la recette miracle, a dit M. Brault. C'était de porter une bonne écoute à certaines demandes que le parti pouvait nous faire. » Ces demandes se sont multipliées: tour à tour, Jean Brault donnera des emplois fictifs pendant plusieurs mois à des organisateurs libéraux. Parmi ceux-ci, on retrouve Serge Gosselin et John Welch, qui a quitté jeudi son poste au cabinet de la ministre du Patrimoine, Liza Frulla.De son côté, Jacques Corriveau aurait envoyé à Jean Brault 425 000 $ de fausses factures de son entreprise PluriDesign, argent qui sera de fait versé au PLC. Les libéraux endettés Après l'élection de 2000, le PLC serait revenu à la charge en demandant 400 000 $ supplémentaires à Jean Brault. Celui-ci a expliqué que le parti éprouvait de sérieux problèmes financiers. « J'allais me payer plus tard dans des contrats de commandites », poursuit-il.
 . | Toutefois, en 2001, M. Brault décide de congédier Alain Renaud, qui assure les liens de Groupaction avec les libéraux. Quelques mois plus tard, Tony Miniaka, un proche d'Alfonso Gagliano, lui aurait indiqué qu'il avait intérêt à réengager M. Renaud s'il voulait conserver les lucratifs contrats de VIA Rail.
En racontant cette histoire devant le juge Gomery, M. Brault s'est s'effondré en larmes. Même s'il a fait beaucoup d'argent avec les commandites, il a dit qu'il commençait à trouver la pression politique difficile.Vers la fin de 2001, Joseph Morselli a pris le financement du PLC en main. Au nom du parti, il aurait exigé à son tour des versements en échange de bons mots envoyés au ministre Gagliano. Jean Brault livrera notamment une enveloppe avec 5000 $ de petites coupures dans un restaurant de la rue Saint-Zotique, à Montréal.
Puis, au printemps 2002, l'affaire des commandites a éclaté publiquement, et Jean Brault nageait en pleine controverse.M. Morselli lui aurait demandé de laisser passer la tempête et de ne pas faire de vagues. La tempête ne s'est jamais calmée depuis, et Jean Brault fait maintenant face à des accusations criminelles de 1,6 million de dollars.

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