Commandites: un organisateur libéral plaide l'ignoranceMise à jour le vendredi 18 mars 2005 à 23 h 05 .
 . | | Guy Bisson . | Les réactions sont diverses à la suite des révélations selon lesquelles des organisateurs du Parti libéral du Canada (PLC) ont reçu des chèques totalisant 44 360 $ d'un des employés de Groupaction pour la campagne électorale de 2000.Le premier surpris est Guy Bisson, l'un des organisateurs en question, qui est président de la Commission des aînés du PLC. Il admet avoir reçu un chèque de 6400 $ en octobre 2000, mais précise que c'était pour un travail de sondage effectué au compte du PLC. Il s'agissait d'un rapport d'évaluation de l'impact du Reform Party dans la région de l'Outaouais. « C'était un rapport important vu la concentration d'anglophones dans la région, dit-il. Et c'était un bon rapport. Mes prévisions étaient très près de la réalité le soir des élections. Ç'a été beaucoup d'ouvrage. » M. Bisson reconnaît n'avoir jamais vraiment vérifié la provenance du chèque, qui a été émis par Commando Communication Marketing, la société de Bernard Thiboutot. Selon lui, Commando devait logiquement être une firme de sondage. Il a donc encaissé le chèque sans poser de questions. De fait, le chèque de M. Bisson a été émis à la demande de Jean Brault, président de Groupaction, et non à celle du PLC. M. Bisson a néanmoins annoncé qu'il quittait temporairement son siège de vice-président du conseil d'administration du Centre de santé et de services sociaux de Gatineau (CSSSG), en Outaouais, le temps que ce dossier soit clos. De Groupaction à PLC
 . | | Bernard Thiboutot . | Jeudi, lors de son témoignage devant la commission Gomery, l'ex-directeur du bureau de Québec de Gosselin Communication, Bernard Thiboutot, a reconnu avoir émis des chèques à un certain nombre de personnes.Ces chèques, signés par son entreprise, Commando, étaient faits à la demande de Jean Brault, PDG de Groupaction. « M. Brault m'a dit qu'il y avait une liste de gens à payer », a-t-il dit, ajoutant qu'il ne connaissait pas ces personnes. Pour couvrir le montant de ces chèques, un total de 57 000 $ lui a été remboursé par Groupaction par l'entremise d'une filiale, la société Splash. Or, Radio-Canada a appris que les libéraux en question étaient tous des organisateurs politiques qui ont travaillé à la campagne électorale de 2000: Guy Bisson, qui a reçu 6400 $, était organisateur libéral dans l'Outaouais, et est toujours président de la Commission des aînés du PLC;Jacques Roy, qui a reçu 11 556 $, est un organisateur libéral dans la région de Montréal;Michel Monette, qui a reçu 9202 $, est organisateur libéral pour la région de Laval;Franco Iacono, qui a reçu 9202 $, est un lobbyiste et un ancien membre du bureau d'Alfonso Gagliano, ministre responsable du programme des commandites, entre juin et septembre 1997;Louis Pichette, qui a reçu 8000 $, est aussi un organisateur.
 . | | Jean Brault (archives) . | M. Brault a payé une partie de la campagne libérale parce que le PLC manquait d'argent. Fait à noter, les chèques ont été faits le lendemain du déclenchement de l'élection, le 23 octobre 2000. L'organisateur en chef du PLC au Québec était Alfonso Gagliano.De plus, M. Thiboutot a confié que Jean Brault lui avait demandé deux fois de verser des contributions au PLC pour une valeur totale de 22 000 $, dont 2000 $ pour une activité du ministre Denis Coderre. Ces contributions lui étaient remboursées par son patron sous le couvert d'honoraires professionnels. Denis Coderre n'a pu réagir, puisqu'il se trouve à l'extérieur du pays. Mais son bureau à Ottawa a fait parvenir copie du chèque de Commando, adressé au PLC et non au député. Selon nos sources, le fait de payer des organisateurs par l'entremise d'entreprises est une pratique politique illégale selon la loi électorale fédérale, mais néanmoins courante. La différence, ici, est que l'argent provenait du programme des commandites.

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