Ottawa dit non au bouclier antimissileMise à jour le jeudi 24 février 2005 à 23 h 33 .
 . | | Le premier ministre Paul Martin . | « Le Canada ne participera pas au bouclier antimissile », a annoncé, jeudi, le premier ministre Paul Martin.Il a ensuite fait valoir les multiples façons par lesquelles le pays s'impliquera dans la défense du continent nord-américain. Avec un investissement de 12 milliards de dollars sur cinq ans prévu pour la Défense dans le budget dévoilé mercredi, le gouvernement Martin considère que le Canada fait sa juste part dans ce domaine. Paul Martin a souligné, entre autres, la volonté canadienne de renforcer ses frontières, d'investir massivement dans les forces armées, de faire valoir sa souveraineté dans l'Arctique et d'augmenter son soutien aux activités de renseignement. Peu avant, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a informé les députés à la Chambre des communes de la décision du gouvernement. Il a insisté à plusieurs reprises sur le fait que cette décision était justifiée pour le Canada sur le plan stratégique, et n'était en rien le fruit de considérations politiques. Le ministre Pettigrew a par ailleurs rappelé que le Canada entend rester partie prenante de l'accord sur le Commandement de la défense aérienne de l'Amérique du Nord (NORAD). Fin d'une situation embarrassante pour Paul Martin Mardi, Radio-Canada diffusait un reportage qui laissait entendre qu'Ottawa refuserait de participer au projet américain.
 . | | Frank McKenna . | Au même moment, Franck McKenna, le futur ambassadeur du Canada à Washington, affirmait que le pays y participait déjà.Selon M. McKenna, en acceptant l'an dernier d'amender l'accord sur le NORAD, à la demande des Américains, le Canada s'est retrouvé de facto partie prenante au projet de bouclier antimissile. Le ministre de la Défense, Bill Graham, a toutefois affirmé que la modification à l'accord du NORAD ne visait qu'à faciliter l'évaluation des menaces de missile contre l'Amérique du Nord. Ces contradictions ont mené à de vifs débats aux Communes, où le Parti conservateur et le Bloc québécois ont rappelé au gouvernement son engagement à tenir un débat et un vote en Chambre avant de se prononcer sur le projet américain. Les États-Unis le savaient Ottawa avait déjà fait savoir à Washington sa décision, plus tôt cette semaine, lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles où se trouvaient M. Martin et le président des États-Unis, George W. Bush. Jeudi, l'ambassadeur américain au Canada a dit ne pas comprendre a position du Canada. Paul Celluci a ajouté qu'il n'était pas dans l'intérêt de la souveraineté des Canadiens de ne pas adhérer au projet de bouclier. Selon lui, si un missile se dirige vers le territoire canadien, ce sont les États-Unis qui devront décider quoi faire dans les circonstances.

|