La charte des valeurs, entre division et inclusion

Une centaine d'intellectuels rejettent la future charte des valeurs québécoises

Le ministre Bernard Drainville La future charte des valeurs inclurait un droit de retrait, a assuré le ministre responsable, Bernard Drainville.

Sous le titre « Nos valeurs excluent l'exclusion », une centaine de professeurs de cégep, d'universitaires et d'intellectuels ont signé une lettre ouverte contre le projet de charte des valeurs que le gouvernement du Québec, par la voix du ministre responsable Bernard Drainville, compte déposer à l'Assemblée nationale la semaine prochaine.

Un texte de Kamel Bouzeboudjen

Tout en se réclamant de principes comme « l'égalité entre hommes et femmes et la laïcité », les auteurs de la lettre croient qu'ils ne doivent pas être séparés des valeurs comme « le refus du racisme, des stigmatisations, de toutes les formes de domination et d'inégalité quelles qu'elles soient ».

Les auteurs, parmi lesquels on retrouve notamment les professeurs Omar Aktouf, Diane Lamoureux, George Leroux, Abby Lippman et Michel Seymour, la doctorante Blandine Parchemal et le militant et documentariste Will Prosper, font référence à la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 qui reconnaît la liberté « de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé ».

« L'égalité qui nous tient à cœur inclut l'égalité et l'inclusion que désirent nos concitoyens et concitoyennes venus d'ailleurs ou dont les traditions culturelles et religieuses diffèrent des traditions historiques dominantes », expliquent les signataires qui se disent indignés par la démarche du gouvernement qui, selon eux, « contribue à l'exacerbation de différences réelles ou présumées, à la caricature de nos concitoyennes et concitoyens ».

« Cette démarche nourrit le fantasme d'une définition non conflictuelle de la collectivité québécoise », écrivent-ils.

La charte des valeurs, un débat de société

« Projet répressif et diviseur »

Les auteurs de la pétition critiquent sévèrement le gouvernement de Pauline Marois. Ils estiment que son projet de charte est « répressif et diviseur ».

Ils estiment que le Parti québécois « se donne des airs de souveraineté en se trouvant des proies faciles ».

Selon eux, la charte procède « d'une vision autoritaire de la laïcité ». « Il s'agit de normaliser des pratiques sociales à coups d'interdictions retirant des droits et produisant de l'exclusion et des discriminations », soutiennent-ils.

Les signataires de la lettre concluent en évoquant les paroles de la chanteuse québécoise Pauline Julien, qui prônaient le « pain à partager » avec « l'arabe, le noir, l'homme d'ailleurs, l'homme de partout ».

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