Le chef du Parti vert du Québec quitte son poste en plein congrès

Le chef du Parti vert du Québec (PVQ), Claude Sabourin, a quitté son poste, dimanche matin, quelques heures avant le dévoilement du résultat d'un vote de confiance.

Il pourrait toutefois tenter de se faire réélire à la tête de sa formation politique. « Je me réserve le droit de me présenter à ma propre succession », a-t-il confié, lors d'une entrevue téléphonique, ajoutant que quoi qu'il arrive, il sera de nouveau candidat dans la circonscription d'Argenteuil aux prochaines élections.

Claude Sabourin

La démission de M. Sabourin est intervenue au deuxième jour du congrès du PVQ, qui s'est déroulée au collège Maisonneuve, à Montréal.

Les militants s'étaient exprimés par courrier et sur Internet au cours des derniers jours.

Pour rester en poste, Claude Sabourin devait obtenir 60 % de l'appui des membres. En entrevue à La Presse Canadienne, vendredi, il avait déjà confié s'attendre à être démis de ses fonctions.

Un chef intérimaire devra maintenant être choisi. Selon les statuts du parti, celui-ci ne pourra pas participer à la course à la direction.

Il est encore trop tôt pour dire qui sera candidat. Cependant, le président de l'aile québécoise du Parti vert du Canada, Jean Cloutier, pourrait être sur les rangs.

Claude Sabourin dirigeait le Parti vert du Québec depuis novembre 2010. Il s'était classé quatrième à l'élection complémentaire tenue en juin 2012 dans la circonscription d'Argenteuil pour combler le départ du libéral David Whissel.

M. Sabourin s'était ensuite présenté dans Notre-Dame-de-Grâce aux élections générales de l'automne dernier, terminant cinquième, ayant obtenu 5,72 % des voix.

Cette année-là, son parti avait récolté moins de 1 % du suffrage - un résultat qui avait déçu de nombreux militants.

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Bisbille au sein du parti

Logo du Parti vert du Québec

Candidate dans Hull en 2012, Jozyam Ilsa Fontaine, s'est réjouit du départ de M. Sabourin. En entrevue, elle a déploré le peu effort déployé par celui-ci aux dernières élections. « Il n'avait même pas accroché ses pancartes la veille de l'élection », a-t-elle indiqué, ajoutant que la position de M. Sabourin en faveur de la chasse aux phoques avait également déplu au sein du parti.

Le principal intéressé s'est défendu en soutenant qu'il ne pouvait être tenu comme seul responsable des résultats décevants obtenus le 4 septembre.

« Il y a aussi des gens sur le terrain qui n'ont pas fait leur travail, a-t-il affirmé. Je ne peux pas prendre sur mes épaules tous les péchés du monde. En ça, je pense qu'il y a des gens qui devraient se regarder dans le miroir. Mais effectivement, il y a des choses que je devrai voir à améliorer dans le futur. L'une d'elle sera de voir à m'entourer de meilleurs collaborateurs. »

Les membres du PVQ ont par ailleurs profité de la fin de semaine pour adopter officiellement une position de neutralité concernant la souveraineté du Québec. Ils se sont aussi prononcés en faveur d'un système électoral proportionnel et pour le droit de vote dès l'âge de 16 ans.

Le député péquiste et ancien ministre de l'Environnement Daniel Breton avait été invité au congrès, de même que la chef du Parti vert du Canada, Elizabeth May, le libéral Stéphane Dion et le joueur de hockey à la retraite reconverti en militant écologiste Georges Laraque.

La Presse Canadienne