Réforme de l'assurance-emploi

Grande mobilisation contre la réforme de l'assurance-emploi

Le reportage de Pascal Robidas

Des milliers de personnes ont dénoncé la réforme du régime d'assurance-emploi dans plusieurs villes du Québec, samedi, ainsi qu'au Nouveau-Brunswick et en Ontario.

Les manifestants dénoncent les nouveaux critères d'admissibilité qui touchent particulièrement les travailleurs saisonniers, puisqu'ils seront désormais contraints d'accepter du travail dans un rayon de 100 km autour de leur résidence et consentir à des emplois offrant 70 % de leur salaire précédent. Les chômeurs qui refuseraient de se soumettre à ses nouvelles conditions perdraient leurs prestations d'assurance-emploi.

« Actuellement, ce qui se passe au Québec n'est qu'un réchauffement. Plus ça va aller, plus ça va empirer. M. Harper va trouver beaucoup de monde sur son chemin. » — Manifestant à Rimouski

Un autre manifestant à Tracadie-Sheila, dans la péninsule acadienne, s'est adressé directement au premier ministre : « L'assurance-emploi ne vous appartient pas. Elle appartient au peuple, qui travaille d'arrache-pied. »

« Le gouvernement est en train de nous voler. » — Un manifestant à Tracadie-Sheila

La FTQ-Construction et le Conseil provincial de la construction sont derrière les rassemblements de Montréal, QuébecSherbrookeSaguenayTrois-RivièresRimouskiRouyn-Noranda, Sept-Îles et Baie-Comeau. Ailleurs au Canada, des manifestations ont aussi été organisées à Tracadie-Sheila, au Nouveau-Brunswick, et à Ottawa.

Le plus grand rassemblement a eu lieu dans la métropole québécoise. Les députés fédéraux Alexandre Boulerice (NPD) et Daniel Paillé (Bloc québécois), le ministre péquiste Alexandre Cloutier et la députée Françoise David de Québec solidaire ont pris part à la manifestation.

La ministre de l'Emploi du Québec, Agnès Maltais, a pour sa part participé au rassemblement dans la capitale, sommant Ottawa de faire marche arrière. « Le Québec est uni contre le saccage de l'assurance-emploi », a-t-elle dit. Une rencontre entre la ministre Maltais et Diane Finley, ministre fédérale des Ressources humaines, est prévue le 27 février.

« Une attaque contre les familles », selon la FTQ

La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) souhaite faire comprendre au gouvernement de Stephen Harper que sa réforme est nuisible pour bon nombre de familles canadiennes. « On doit absolument se rassembler et se faire entendre ensemble, en montrant un front uni contre ce gouvernement », a déclaré Yves Ouellet, directeur-général de la FTQ-Construction.

« Il est évident que le gouvernement Harper ne comprend pas l'impact de ses gestes. Une telle attaque contre des familles de la classe moyenne nécessite une réponse rapide de la population. La ministre Diane Finley s'en prend à des dizaines de milliers de familles. » — Yves Ouellet

Le président de la FTQ, Michel Arsenault, soutient que les nouvelles règles du régime d'assurance-emploi vont faire mal à « beaucoup de monde », non seulement aux travailleurs saisonniers.

Il dénonce aussi la décision fédérale d'envoyer de façon impromptue des fonctionnaires aux résidences des prestataires de l'assurance-emploi, afin d'effectuer des vérifications. Il accuse le gouvernement conservateur de faire régner « un régime de dictature ».

De son côté, Bernard Généreux, le président de la Fédération québécoise des municipalités, juge que la réforme rate complètement sa cible. « Cette réforme, plutôt que de s'attaquer à la diversification des économies locales qui présentent certaines limites quant à la capacité d'occuper entièrement les populations concernées, elle s'attaque aux chômeurs », dit-il, en entrevue à RDI.

De nombreuses manifestations ont eu lieu dans les dernières semaines, particulièrement dans les provinces de l'Atlantique et dans l'Est-du-Québec, des régions qui vivent beaucoup des activités touristiques et de la pêche.

Le ministre Blaney défend la réforme

Steven Blaney, ministre des Anciens combattants et de la Francophonie

Dans une entrevue accordée à RDI samedi, Steven Blaney, ministre des Anciens combattants, a défendu la réforme de son gouvernement. Il a répondu aux critiques en exhibant un document sur la réforme de l'assurance-emploi intitulé Mythes et faits. À son avis, les craintes des Canadiens se dissiperont s'ils sont mieux informés.

« [La réforme] tient compte des conditions de travail, des horaires de du temps de déplacement », a dit M. Blaney. « On tient même compte des frais de garde et des coûts reliés au déplacement ».

« L'assurance emploi va toujours être là pour les personnes qui en ont besoin », a-t-il ajouté.

« S'iI y a des emplois qui sont disponibles dans nos régions, on veut d'abord les offrir à des travailleurs québécois avant de faire appel à des travailleurs étrangers. C'est ça le cœur de la réforme. » — Steven Blaney

Le ministre Blaney accuse par ailleurs les partis d'opposition à Ottawa de faire peur aux citoyens et de vouloir priver les travailleurs « d'opportunités de revenus additionnels ».

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