Oncologie : Québec injecte 10 millions en médecine spécialisée

Le ministre des Finances Nicolas Marceau Le ministre des Finances Nicolas Marceau

Québec injectera 10 millions de dollars sur quatre ans pour favoriser le développement de la « médecine personnalisée » dans le domaine du cancer.

Le Partenariat pour la médecine personnalisée en cancer (PMPC) recevra également 11,1 millions de dollars d'un groupe d'entreprises : Caprion Protéome, Oncozyme Pharma, Pfizer, Sanofi et Telus Santé.

En oncologie, la médecine personnalisée consiste à utiliser l'information moléculaire provenant de tumeurs ou du sang d'un patient afin de caractériser plus précisément le type de cancer dont celui-ci est atteint et de trouver le traitement optimal.

Le PMPC s'emploiera plus particulièrement à développer et à valider de nouveaux « biomarqueurs », puis à encourager leur utilisation dans la pratique médicale. Les biomarqueurs sont des indicateurs qui aident à diagnostiquer une maladie, à suivre son évolution et à prédire l'action d'un médicament ou d'un traitement.

Le PMPC concentrera d'abord ses efforts sur certains cancers très courants, notamment les cancers du poumon, du côlon et du sein.

En conférence de presse à l'Université du Québec à Montréal, vendredi, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a soutenu que le PMPC allait « hisser le Québec parmi les précurseurs » dans le secteur de la recherche en médecine personnalisée.

Le président et chef de la direction de Caprion Protéome, Martin LeBlanc, qui pilotera le PMPC, a quant à lui estimé que la médecine personnalisée pourrait se traduire par des économies pour les contribuables.

« Si on calcule ce que ça coûte de prescrire à 60 pour cent d'une population un médicament qui n'aura pas d'effet tout en créant des effets secondaires et en retardant la guérison ou l'amélioration d'une condition, c'est clair que la médecine personnalisée vise à freiner les coûts du système de santé », a-t-il expliqué.

« On est au début (de la recherche dans ce domaine), mais il y a des preuves concrètes qui démontrent qu'on n'est pas en train de creuser un puits qui ne va pas livrer de pétrole », a-t-il illustré.

Le gouvernement annonce un appui au PMPC au moment même où il coupe ses subventions aux chercheurs. Plus tôt cette semaine, cependant, la première ministre Pauline Marois a réduit les compressions dans ce domaine, les faisant passer de 63 à 36,5 millions $.

« Il n'y a pas d'incohérence, a assuré M. Marceau. Le gouvernement a le désir de soutenir la recherche et les sciences de la vie. »

Compte tenu des difficultés financières de l'État, « on a demandé un effort particulier au secteur de la recherche », a convenu le ministre, en promettant toutefois « des réinvestissements importants » d'ici quelques années.

Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Pierre Duchesne, doit tenir en avril des assises afin de préparer une nouvelle stratégie gouvernementale pour le secteur.

« Je peux vous dire que la future politique de la recherche disposera de fonds substantiels et plus importants que ceux qu'on a trouvés lorsqu'on est arrivés aux commandes, en septembre dernier », a affirmé Nicolas Marceau.

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