Rentrée à Québec : le financement des universités retient l'attention

Anne-Marie Dussault s'entretient avec Stéphane Bédard, Robert Dutil et Gérard Deltell

Le financement des universités a retenu l'attention à Québec, mardi, à l'occasion de la rentrée parlementaire. La première période de questions a donné lieu à de vifs débats, l'opposition demandant des éclaircissements sur les réductions de dépenses demandées aux universités.

Les universités devront réaliser des compressions de 124 millions de dollars d'ici avril. Le gouvernement permettra aux universités de faire des déficits pour amortir ces compressions, mais les institutions devront mettre en place un plan de redressement des finances.

Le gouvernement péquiste prétend qu'il veut simplement ramener les universités sur les cibles de dépenses établies par l'ancien gouvernement libéral. La première ministre, Pauline Marois, soutient que les budgets des universités augmenteront de 3,3 % en 2013-2014 et de 8,5 % en 2014-2015, ce qui n'est toutefois pas à la hauteur de ce que les recteurs réclamaient.

L'opposition accuse le gouvernement de vouloir étouffer le réseau universitaire.

Le chef du Parti libéral du Québec, Jean-Marc Fournier, pendant la période de questions, le 12 février Le chef du Parti libéral du Québec, Jean-Marc Fournier, pendant la période de questions, le 12 février

« Il est bien évident que la première ministre essaie de camoufler le fait qu'elle a fait un pacte avec les casseroles et qu'aujourd'hui tout le Québec doit payer ses dettes électorales », a lancé le chef intérimaire du Parti libéral, Jean-Marc Fournier.

De son côté, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, veut que le gouvernement revienne sur sa décision de revoir à la baisse le budget des universités. « [Il faut que la première ministre mette] de côté ses dettes aux étudiants, faire la seule chose pour retrouver un peu de crédibilité: abolir les coupes annoncées dans les universités », a-t-il dit.

La première ministre a quant à elle accusé les libéraux d'avoir laissé les finances publiques en mauvais état après leur dernier mandat.

« Je dois payer le déficit du gouvernement précédent, il est de 1,6 milliard, c'est ça la réalité à laquelle je suis confrontée », a rétorqué Mme Marois. Selon elle, le gouvernement libéral a provoqué une crise sociale, le conflit étudiant du printemps 2012, qui a coûté 90 millions de dollars.

Ces discussions surviennent à quelques jours de la tenue du Sommet sur l'éducation supérieure, qui aura lieu les 25 et 26 février, à Montréal. 

L'intervention de l'ancien premier ministre du Québec Jacques Parizeau en faveur de la gratuité de l'université a retenu l'attention en ce jour de rentrée parlementaire. Des ministres de sa famille politique, qui prône une indexation des droits de scolarité, se sont empressés de banaliser cette sortie.

Le dossier des ressources naturelles sera également sur la table de travail des députés. Le gouvernement tiendra un forum sur les redevances minières au mois de mars. La première ministre Pauline Marois entend clore le dossier au plus tard au mois de juin prochain en déposant un nouveau pacte sur les redevances minières au Québec.

La laïcité, les modifications à la Charte de la langue française et la lutte contre la corruption constitueront également des dossiers chauds au cours des prochains mois.

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