Résidences secondaires douteuses : trois sénateurs sous la loupe

De gauche à droite : Patrick Brazeau, Mike Duffy et Mac Harb De gauche à droite : Patrick Brazeau, Mike Duffy et Mac Harb  Photo :  PC/PC

Le Sénat renvoie à des vérificateurs externes le dossier des sénateurs qui réclament des allocations de résidence secondaire douteuses.

Les sénateurs Mike Duffy et Patrick Brazeau, tous deux nommés par Stephen Harper, et le sénateur libéral Mac Harb ont déclaré leurs résidences d'Ottawa comme étant secondaires, obtenant ainsi des allocations de plusieurs milliers de dollars par année. Dans les trois cas, l'existence d'une résidence principale à l'extérieur d'Ottawa, dans les régions qu'ils représentent, est mise en doute.

Le président du comité sénatorial permanent de la régie interne, des budgets et de l'administration, David Tkachuk, a diffusé un communiqué, vendredi matin, annonçant que l'affaire était remise entre les mains de la firme Deloitte.

En entrevue téléphonique, il a dit espérer un rapport « dans quelque mois ».

Son comité a également demandé un avis juridique dans le cas précis de la résidence du sénateur conservateur Duffy. Il cherche ainsi à avoir une définition claire des obligations d'un sénateur en ce qui a trait à son lieu de résidence.

« Quand vous parlez à des avocats, vous constatez combien la question est complexe », a dit le sénateur Tkachuk.

En fait, l'affaire pourrait aller jusqu'à remettre en question le droit même du sénateur Duffy, et d'autres, à siéger au Sénat sans être résidents de la région qu'ils représentent. Tout dépendra de la définition de résidence sur laquelle les experts s'entendront, d'où la demande d'avis juridique.

Le sénateur Duffy, lui, assure qu'il est tout à fait dans son droit. « En tant que natif de l'Île-du-Prince-Édouard, je suis fier de représenter ma province et ses intérêts au Sénat du Canada », a-t-il déclaré dans un communiqué où il ajoute : « J'ai un domicile à l'Île-du-Prince-Édouard, tel que requis par la loi. Je ne ferai pas d'autres commentaires jusqu'à ce que cette vérification soit complétée. »

Patrick Brazeau, qui a d'autres ennuis en ce moment, occupe un des sièges québécois au Sénat. À Maniwaki, où il déclarait sa résidence principale à l'adresse de son père, plusieurs voisins ont assuré ne jamais le voir là. Il loue une maison à Gatineau. Cependant, en quittant le palais de justice de Gatineau où il a été accusé de voies de fait simples et d'agression sexuelle, vendredi matin, il s'engageait à demeurer à une adresse à Maniwaki, jusqu'à la fin des procédures contre lui.

Mac Harb, de son côté, représente l'Ontario au Sénat. Il déclare une résidence principale à Pembroke, à 90 minutes d'Ottawa, une ville où il est propriétaire de plusieurs immeubles.

Cette affaire fournit des munitions à l'opposition néo-démocrate qui a toujours vu le Sénat d'un mauvais oeil.

« Quand est-ce que les conservateurs vont faire quelque chose de sérieux pour réparer le Sénat de manière permanente? Quand vont-ils l'abolir? », a lancé Dan Harris, député néo-démocrate de Scarborough-Sud-

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