Patrick Brazeau suspendu avec salaire du Sénat

Le reportage de Daniel Thibeault

Quelques heures après avoir été accusé de voies de fait simples et d'agression sexuelle, puis libéré sous conditions, le sénateur Patrick Brazeau a été suspendu avec salaire du Sénat.

Cette mesure est provisoire, et ce, en vertu du principe de présomption d'innocence. Le Sénat rendra sa décision finale mardi prochain.

L'homme de 38 ans, qui a été déjà expulsé du caucus conservateur, a comparu brièvement en matinée au palais de justice de Gatineau, où des dizaines de journalistes et de photographes étaient présents.

Il n'a pas enregistré de plaidoyer et sera de retour en cour le 22 mars.

Il a été remis en liberté sous plusieurs conditions, dont celles de ne pas communiquer avec la présumée victime, de ne pas posséder d'arme à feu, de garder la paix et de verser une caution de 1000 $.

S'il est reconnu coupable, Patrick Brazeau est passible d'une peine maximale de 10 ans de prison.

Les policiers de Gatineau sont intervenus à son domicile dans la nuit de mercredi à jeudi à la suite d'une plainte.

À la suite de son arrestation jeudi, le controversé sénateur a été expulsé du caucus conservateur.

Un sénateur au centre de controverses

Le sénateur Patrick Brazeau, à droite, au palais de justice de Gatineau. Le sénateur Patrick Brazeau, à droite, au palais de justice de Gatineau.  Photo :  PC/Adrian Wyld

Par ailleurs, M. Brazeau semble accumuler les controverses depuis son arrivée au Sénat.

Il fait l'objet de vérifications par un comité du Sénat pour des allocations de résidence. Quelques sénateurs, dont M. Brazeau, font l'objet de vérifications pour avoir réclamé de généreuses allocations de résidence allouées à ceux dont la résidence principale se situe à l'extérieur d'Ottawa. Le Sénat révise l'ensemble des allocations de résidence attribuées aux sénateurs. M. Brazeau aurait réclamé des allocations de résidence en déclarant le domicile de son père comme son lieu de résidence principale.

Il fait également face à des allégations voulant qu'il ait utilisé l'adresse de son ancien beau-père, sur une réserve indienne québécoise, pour réclamer des déductions fiscales.

Dès sa nomination, M. Brazeau a été critiqué pour son intention de demeurer chef du Congrès des peuples autochtones (CPA) tout en siégeant au Sénat. Il a démissionné de son poste au sein du CPA en janvier 2009 après qu'une employée de l'organisme eut rempli une plainte pour harcèlement sexuel auprès du Tribunal ontarien des droits de la personne. Il a également été mêlé à des allégations de mauvaise utilisation de fonds publics fédéraux. Les conservateurs avaient alors indiqué que les malversations avaient été effectuées avant l'arrivée de Brazeau à la tête du CPA.

Plus récemment, il avait été blâmé pour avoir critiqué le mouvement autochtone « Idle No More » et en plus d'avoir passé des remarques désobligeantes sur la chef d'Attawapiskat, Theresa Spence, qui menait une grève de la faim.

Nommé à 34 ans

Patrick Brazeau, qui a été nommé au Sénat en 2008 à l'âge de 34 ans, est le plus jeune des 105 sénateurs à siéger à la chambre haute du Parlement canadien. Il a toutefois brillé par son absence en 2012. Le siège du conservateur Patrick Brazeau a été vide pendant 25 % des 72 séances du Sénat qui se sont déroulées entre juin 2011 et avril 2012. Le registre de présences du Sénat montrait que le sénateur est passé bien près d'être mis à l'amende.

S'il s'était absenté quatre jours de plus, il aurait été sanctionné. Patrick Brazeau a aussi manqué 65 % des rencontres du Comité permanent sur les peuples autochtones, où il siège, et 31 % des rencontres du Comité permanent des droits de la personne, dont il est le vice-président.

Au printemps dernier, M. Brazeau avait participé à un combat de boxe, au profit d'un organisme caritatif, contre le député libéral Justin Trudeau. Ce dernier avait eu raison de Brazeau qui était pourtant donné largement favori.

Info en continu Afficher le fil complet

Facebook