Réforme de l'assurance-emploi

Marois veut des assouplissements à l’assurance-emploi

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte rendu de Davide Gentile et l'analyse de Sébastien Bovet

Semblant peu rassurée par sa rencontre avec Stephen Harper, la première ministre du Québec, Pauline Marois, a indiqué vendredi qu'elle avait réclamé au premier ministre du Canada un assouplissement de la loi sur l'assurance-emploi.

En point de presse, Mme Marois a déclaré que le premier ministre Harper lui avait assuré que la loi permet déjà des assouplissements, selon son interprétation, et que la réforme ne pénaliserait pas les travailleurs saisonniers québécois. M. Harper a réaffirmé qu'il ne changerait pas les règles.

Ce à quoi Mme Marois a répondu qu'elle restera vigilante quant à l'application des règlements.

« Son interprétation de la loi est un peu différente de celle que nous en faisons. Je lui ai dit que je demeurais très sceptique. » — Pauline Marois

La première ministre a annoncé que la ministre du Travail, Agnès Maltais, rencontrera en février son homologue fédérale Diane Finley au sujet de l'assurance-emploi et de l'application de ses règles aux travailleurs saisonniers du Québec, qui représentent 40 % des prestataires fréquents.

Une compétence fédérale

M. Harper a rappelé aux journalistes qui l'interrogeaient sur le dossier de l'assurance-emploi que celle-ci était « une compétence clairement fédérale selon la Constitution canadienne ».

S'exprimant à la suite d'une annonce sur la participation financière d'Ottawa à la revitalisation du secteur de la Traverse, à Lévis, le premier ministre s'est contenté de dire que les règles établies par le gouvernement fédéral visaient à permettre à ceux qui ne trouvent pas de travail dans leur région de bénéficier de l'assurance-emploi.

En janvier, Québec réclamait déjà que le gouvernement fédéral évalue les impacts qu'aura la réforme de l'assurance-emploi dans la province.

La réforme de l'assurance-emploi a provoqué une vague d'indignation dans l'est du pays. Au Québec, les citoyens se sont particulièrement mobilisés dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

Jeudi soir, 400 personnes ont bravé les mauvaises conditions météorologiques à Rimouski pour manifester leur impuissance devant la réforme de l'assurance-emploi des conservateurs.

La réforme de l'assurance-emploi, adoptée au moyen de la loi budgétaire issue du projet de loi omnibus C-38 à Ottawa et en vigueur depuis le 6 janvier dernier, crée trois catégories de chômeurs selon la fréquence de leurs recours passés au programme.

Selon leur catégorie, les chômeurs disposeront d'une période plus ou moins longue pour se trouver un emploi. Après cette période, ils seront contraints d'accepter un emploi de 70 % à 90 % de leur salaire de référence.

Les travailleurs saisonniers sont particulièrement touchés par la réforme.

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