La commission Charbonneau

« Duchesneau aurait dû s'abstenir de conseiller un témoin », dit Legault

François Legault François Legault

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, croit que son député Jacques Duchesneau aurait dû refuser de conseiller un témoin qui se préparait à passer devant la commission Charbonneau.

M. Legault a soutenu lundi que M. Duchesneau a néanmoins agi de bonne foi en aidant Martin Dumont, la veille de son témoignage, l'automne dernier.

« Il aurait dû dire non, a-t-il dit. Je pense que c'est clair pour l'avenir, mais ç'a été fait de bonne foi et j'ai totalement confiance en Jacques Duchesneau. »

M. Dumont s'est retrouvé dans l'embarras, la semaine dernière, lorsque des aspects de son témoignage d'octobre ont été contredits. Cela s'est répercuté sur le député caquiste, qui s'est défendu d'ingérence dans les travaux de la commission.

Lors d'un point de presse en marge d'un caucus de ses députés, M. Legault a rappelé que M. Duchesneau, qui a été élu en septembre après avoir lui-même témoigné devant la commission, regrette son geste.

Le chef caquiste s'est lui aussi montré d'avis que ce n'est pas le rôle d'un député de conseiller ainsi un témoin d'une commission d'enquête.

« Comme il l'a dit, si c'était à refaire, étant donné qu'il est député, il ne devrait pas donner ce genre de conseils », a-t-il dit aux journalistes.

La semaine dernière, les libéraux ont critiqué la décision de M. Duchesneau, qui soutient s'être entretenu avec M. Dumont à propos de la forme de son témoignage et non sur le fond.

L'opposition libérale avait vu là un accroc au principe de séparation des pouvoirs, dont l'objectif est notamment de préserver l'indépendance du processus judiciaire en le protégeant de toute intervention politique.

Selon M. Legault, l'aide de M. Duchesneau à M. Dumont est indissociable de ses efforts pour obtenir qu'une commission d'enquête soit mandatée sur les malversations dans la construction.

Le chef caquiste croit qu'il était normal que son député soit sollicité par un témoin qu'il avait invité à « déballer » son sac devant la commission.

« M. Duchesneau a réussi à convaincre des dizaines de personnes de venir témoigner, sans intérêt financier personnel, vraiment pour le bien de la société, a-t-il dit. Il s'est développé une relation de confiance. »

En plus d'avoir témoigné, M. Duchesneau a aussi écrit un rapport d'enquête, à titre de dirigeant de l'Unité anticollusion du ministère des Transports, dans lequel il soutient que 70 % du financement des partis politiques est illégal.

M. Dumont a admis la semaine dernière qu'il avait exposé des faits inexacts en affirmant qu'une réceptionniste lui avait confié avoir compté de l'argent comptant dans les bureaux du parti de l'ex-maire Gérald Tremblay.