Pauline Marois pourrait faire obstruction à un éventuel accord de libre-échange avec l'Europe

Le reportage de Sébastien Bovet

La première ministre du Québec, Pauline Marois, se réserve le droit de nuire à la mise en oeuvre d'un éventuel accord de libre-échange avec l'Union européenne si le texte final ne respecte pas les exigences de son gouvernement.

La Constitution canadienne prévoit que c'est le gouvernement fédéral qui signe les traités commerciaux avec les autres pays. C'est l'une des raisons pour lesquelles le Parti québécois veut faire la souveraineté, a déclaré Mme Marois en conférence de presse à Londres, lundi.

Mais Québec a tout de même la possibilité de « créer des embûches » pour compliquer l'entrée en vigueur du traité, par exemple en n'en appliquant pas « certaines parties » relevant des compétences provinciales.

Les négociations de ce projet ambitieux durent depuis l'automne 2008.

Comme plusieurs des questions abordées touchent aux compétences des provinces, Ottawa a invité celles-ci à prendre part aux pourparlers.

Les plus importants points d'achoppements n'ont pas encore été réglés : ouverture des marchés du boeuf et du porc, appellations réservées pour les produits alimentaires européens et respect des brevets pharmaceutiques.

La chef péquiste a précisé que plusieurs des questions au coeur des discussions sont des « intouchables » pour Québec. Elle a donné l'exemple de la « gestion de l'offre », qui protège les producteurs canadiens de lait, d'oeuf et de volaille, mais qui ne semble pas menacée pour le moment.

C'est dans l'éventualité où le gouvernement du Québec n'obtiendrait pas ce qu'il souhaite sur au moins une de ces questions « intouchables » qu'il pourrait mettre des bâtons dans les roues du projet.

La semaine dernière, à Davos, où se déroulait le Forum économique mondial, le ministre canadien du Commerce international, Ed Fast, a affirmé à La Presse canadienne qu'il n'allait pas signer d'entente avec l'Europe si Ottawa n'obtenait pas l'assentiment des provinces.

Lundi, Pauline Marois s'est néanmoins dit « assez positive » quant aux chances qu'un accord soit conclu. Personne n'ose plus, cependant, prédire le moment de la fin des négociations.

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