Romeo Saganash relaie le dossier autochtone à la Chambre des communes

Le député du NPD Romeo Saganash

Dans la foulée du mouvement Idle No More, la question autochtone s'impose d'elle-même en cette journée de rentrée parlementaire à Ottawa.

Le porte-parole aux affaires intergouvernementales autochtones du Nouveau Parti démocratique (NPD), Romeo Saganash, a annoncé les couleurs de son parti dans le dossier autochtone en présentant un projet de loi en faveur du respect des droits des Premières Nations.

M. Saganash a présenté un projet de loi visant à harmoniser les lois canadiennes aux principes de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones. Il a souligné que le gouvernement oubliait ses propres obligations constitutionnelles. « Le gouvernement a l'obligation constitutionnelle de consulter et d'accommoder les Premières Nations, et lorsqu'on élimine, par exemple, pour ne prendre que cet exemple, lorsqu'on élimine des législations pour la protection de l'environnement, on élimine également cette responsabilité », a expliqué M. Saganash.

Outre cette première offensive législative, des militants du mouvement Idle No More tiennent une manifestation à Ottawa pour accueillir les députés fédéraux qui reviennent après plus d'un mois de congé parlementaire. Ils se sont rassemblés sur la colline du Parlement pour saluer les parlementaires à leur façon.

Les manifestants avaient quitté l'île Victoria à Ottawa - là où la chef de la réserve d'Attawapiskat, Theresa Spence, a mené une grève de la faim d'une quarantaine de jours en décembre et janvier dernier - avant de marcher dans les rues d'Ottawa. Ils ont ensuite pris la route de la colline du Parlement pour rappeler leur présence au premier ministre Harper.

À Montréal, des manifestants d'Idle No More ont tenu une manifestation sur l'esplanade de la Place des Arts tôt lundi matin. Ils ont exécuté une cérémonie du Salut au soleil afin de renouveler les liens d'amitié entre les diverses nations au pays et de renforcer la collaboration entre les nations. Certains d'entre eux ont quitté Montréal pour se rendre à Ottawa grossir les rangs des manifestants de la capitale nationale.

Idle No More au Parlement

La question autochtone a gagné en importance depuis la fin de la dernière session parlementaire, le 12 décembre dernier. Le mouvement Idle No More s'est propagé d'un océan à l'autre et les manifestations continuent de se tenir un peu partout au Canada. La grève de la faim de la chef Theresa Spence a permis de faire faire connaître le mouvement de revendications et de sensibiliser de nombreux Canadiens à la cause des Autochtones.

Le mouvement maintient la pression sur les élus en plus de garder à l'oeil le chef de l'Assemblée des Premières nations Shawn Atleo et le premier ministre Stephen Harper qui doivent poursuivre les discussions entourant les revendications autochtones. Les militants du mouvement autochtone s'attendent à des résultats concrets afin de répondre aux revendications.

Les Premières Nations ont présenté au gouvernement fédéral, le 11 janvier dernier, leur plan en 13 points pour améliorer les conditions de vie de leurs communautés. Ils ont eu l'occasion de rencontrer le premier ministre Harper et plusieurs ministres afin de discuter de leurs revendications. Les deux parties ont convenu que les discussions devaient se poursuivre entre le chef Atleo et le premier ministre Harper. Ils attendent maintenant des résultats.

Synthèse des demandes autochtones

Encadrement politique :

- Suivi des dossiers assuré, entre autres, par la formation d'un comité du Cabinet distinct, doté d'un secrétariat au Conseil privé.

Traités :

  • Traités existants : processus de travail de haut niveau avec des représentants des nations signataires pour la mise en application;
  • Revoir la politique sur les revendications globales, la fonder sur la reconnaissance des droits inhérents plutôt que leur extinction;
  • Conformer à l'art. 35 de la Constitution toutes les lois, à commencer par les dispositions des lois budgétaires omnibus (les anciens projets de loi C-38 et C-45) qui touchent les territoires des Premières Nations;
  • Éliminer les lois qui ne font que « rafistoler » la Loi sur les Indiens.


Législation et économie :

- Ressources naturelles : appliquer les traités et revendications territoriales. Établir le cadre de gestion d'une gouvernance partagée pour l'exploitation et le partage des revenus;
- Garantir équité et durabilité des programmes et services destinés aux Premières Nations.

Social et éducation :

- Commission nationale d'enquête publique sur la violence à l'encontre des femmes et des filles autochtones;
- Garantir la présence d'une école par réserve.

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