Philippe Couillard, nouveau chef du PLQ

Les candidats libéraux veulent donner plus de place aux anglophones

Le résumé de David Gentile

Le gouvernement doit faire un effort pour recruter davantage d'anglophones. C'est ce que pensent les trois candidats à la direction du Parti libéral du Québec.

Les trois anciens ministres libéraux Raymond Bachand, Philippe Couillard et Pierre Moreau étaient interrogés à ce sujet samedi lors du seul débat en anglais organisé par le parti à l'Université Concordia, à Montréal.

Pour combattre le sentiment d'exclusion des anglophones dans les services publics, Raymond Bachand promet, s'il dirige un jour le Québec, de nommer un ministre responsable des Affaires anglophones.

Pour Philippe Couillard, il s'agit d'une mauvaise idée parce que les Québécois ont besoin d'un message d'unité. Il faut donner un ministre à la région de Montréal, selon lui, mais pas à la communauté anglophone directement. « Je ne suis même pas certain que la communauté anglophone elle-même désire avoir un [ministre] », a-t-il exposé.

Aussitôt, Pierre Moreau a pris la balle au bond pour rétorquer qu'il faudrait peut-être s'adresser à la communauté anglophone elle-même pour lui demander ce qu'elle désire.

M. Moreau affirme que si c'est lui qui est élu, il fera en sorte que les anglophones soient représentés dans tous les secteurs publics.

« Personnellement, je pense que le pourcentage d'anglophones dans la fonction publique devrait correspondre au pourcentage d'anglophones dans la population québécoise. » — Pierre Moreau

Pour sa part, Raymond Bachand propose de créer des stages pour inviter les anglophones à se diriger vers la fonction publique pour qu'ils trouvent celle-ci plus « attrayante ».

Droits de scolarité : une indexation, mais encore...

S'il y a une chose sur laquelle les trois candidats à la succession de Jean Charest s'entendent, c'est sur la hausse des droits de scolarité. Mais alors que Philippe Couillard envisage de se contenter d'une indexation des droits au coût de la vie, les autres candidats demandent davantage.

Raymond Bachand, notamment, estime que si l'indexation est la seule politique adoptée, cela ne réglera pas la question du sous-financement des universités. « L'indexation, c'est ce que les politiciens conservateurs utilisent pour ne pas aborder la question de front », a lancé l'ancien ministre des Finances.

Pierre Moreau abonde dans le même sens. Il compare l'indexation à une solution « band-aid ».

Par ailleurs, le ton a levé d'un cran pendant le débat, lorsque Raymond Bachand a attaqué l'ex-ministre de la santé, Philippe Couillard, concernant ses liens d'affaires avec l'ex-directeur général du Centre universitaire de santé McGill, Arthur Porter.

Le Dr Porter, qui a été dernièrement au coeur de scandales liés au centre qu'il dirigeait, s'est associé à M. Couillard en 2010 pour créer une firme de consultation.

Pendant que le gouvernement libéral de Jean Charest combattait la corruption et élaborait des lois, M. Couillard s'associait au Dr. Porter, a lancé M. Bachand.

Philippe Couillard a répondu que pour sa part, il n'aurait pas recours « au genre de tactique » d'attaque de M. Bachand et il a dit souhaiter que le débat demeure respectueux.

Encore deux débats en français

Le débat de samedi était le seul débat en anglais de la course à la direction du PLQ, et le troisième débat entre les candidats. Contrairement aux débats en français, aucun thème n'avait été fixé à l'avance.

Le premier débat avait porté sur la relève, le deuxième sur la gouvernance. Le quatrième, qui aura lieu dimanche, portera quant à lui sur l'aide à ceux qui sont dans le besoin et le cinquième et dernier se concentrera sur l'économie.

Le congrès lors duquel les membres du parti voteront pour élire le futur chef libéral aura lieu le 17 mars prochain. D'ici là, Jean-Marc Fournier assure l'intérim.

Le PLQ est sans chef depuis le départ de Jean Charest, qui a quitté après sa défaite aux élections de septembre dernier.

Voyez nos textes sur les précédents débats

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