Philippe Couillard, nouveau chef du PLQ

Les propos de Pierre Moreau sur la pertinence des cégeps ne passent pas

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Pierre Moreau, candidat à la direction du Parti libéral du Québec Pierre Moreau, candidat à la direction du Parti libéral du Québec

Les déclarations de Pierre Moreau, candidat à la direction du Parti libéral du Québec, sur « la pertinence des cégeps » font réagir aussi bien parmi les enseignants que parmi les étudiants.

Lors du débat des candidats à la succession de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec, Pierre Moreau a évoqué l'intérêt d'« ouvrir le débat sur la pertinence des cégeps ». Il a par la suite affirmé en conférence de presse ne pas être en faveur de l'abolition des cégeps, mais qu'il était sain pour un parti de se poser des questions.

Éliane Laberge, présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), a rappelé : « À travers les années, le réseau collégial a permis à des millions de jeunes Québécois d'avoir accès à une éducation supérieure. Nous avons changé le visage du Québec grâce aux cégeps, mais M. Moreau semble l'oublier. »

La critique la plus sévère est venue de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), affiliée à la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui s'est déclarée « stupéfaite » des propos de Pierre Moreau.

« Vouloir se faire connaître un peu du grand public est une chose, mais le faire en attaquant le réseau des cégeps sur des arguments fallacieux discrédite totalement M. Moreau », s'insurge Mario Beauchemin, président de la FEC-CSQ.

« Le candidat à la chefferie fait fausse route », ajoute-t-il. Au lieu de se baser sur une étude de l'École des hautes études commerciales, l'ex-ministre aurait plutôt dû consulter le rapport de 2012 de Statistique Canada sur les indicateurs de l'éducation dans une perspective internationale, selon lui.

Avec 85 % de sa population titulaire d'un diplôme égal ou supérieur au secondaire contre une moyenne de 74 % pour les autres pays de l'OCDE, la situation est loin d'être dramatique au Québec, explique Mario Beauchemin.

Plus incisif, le président de la FEC-CSQ conclut : « Au lieu de reprendre des idées de François Legault et de sa CAQ, le candidat Moreau devrait refaire ses devoirs et laisser le réseau des cégeps continuer à favoriser l'accès aux études postsecondaires et le développement sur l'ensemble du territoire québécois ».

Cette position « ne reflète pas la position » du PLQ

La remise en question du réseau des cégeps évoquée par le député Pierre Moreau « ne reflète pas la position » du PLQ, a fait valoir lundi le porte-parole de l'opposition officielle en matière d'enseignement supérieur, Gerry Sklavounos.

« La première fois que j'ai entendu parler de cette position, c'est hier au débat. Les candidats s'expriment et lancent des idées pour renouveler notre parti, mais je ne pense pas que c'est quelque chose qui reflète la position du parti [...] Personnellement, c'est la première fois que j'entendais parler d'abolition des cégeps », a-t-il déclaré en entrevue à La Presse Canadienne.

Ne prenant guère au sérieux la réflexion avancée par son collègue du caucus, M. Sklavounos ajoute qu'il s'agit tout simplement d'une « idée parmi d'autres » lancée dans l'effervescence d'un débat politique.

« C'est une idée qui a été lancée dans un débat par un des candidats qui n'est évidemment pas encore choisi comme chef et qui ne sera peut-être jamais choisi comme chef. C'est une idée parmi d'autres et je pense qu'il y aura plusieurs de ce type d'idées qui seront lancées dans les autres débats [à venir] », a-t-il poursuivi.

La proposition de M. Moreau n'avait d'ailleurs pas trouvé écho chez Philippe Couillard et Raymond Bachand, les deux autres candidats dans la course à la succession de Jean Charest.