Gentilly-2 cesse de produire de l'électricité

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Centrale Gentilly-2 Centrale Gentilly-2 (archives)

Après 29 ans d'existence, la centrale nucléaire de Gentilly-2 à Bécancour, dans le Centre-du-Québec, arrête de produire de l'électricité vendredi. Ce qui marque la fin de la centrale.

La fermeture de Gentilly-2 a été l'une des premières décisions du gouvernement de Pauline Marois. La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, avait annoncé le 3 octobre que son gouvernement acceptait la recommandation d'Hydro-Québec de fermer la seule centrale nucléaire dans la province.

La recommandation de la société d'État figurait dans le rapport d'évaluation sur les coûts de réfection de la centrale nucléaire. Pour le gouvernement, la réfection de Gentilly-2 n'est pas « économiquement rentable pour les Québécois ».

La décision du gouvernement avait réjoui les environnementalistes, mais avait suscité aussi de nombreuses critiques, notamment sur la question de la perte d'emplois dans la région.

Long processus

Les travaux de démantèlement s'étaleront sur une période de 18 mois, soit jusqu'en 2014. Ils consisteront notamment à décharger le combustible du réacteur, à traiter l'eau lourde et à désactiver plusieurs systèmes de la centrale.

À la fin des travaux, la centrale vivra une période de « dormance » de 40 ans. Par la suite, le combustible sera évacué du site, la centrale sera entièrement démantelée et le site, remis en état. Ces différentes étapes s'échelonneront jusqu'en 2062.

La fermeture de Gentilly-2 coûtera 1,8 milliard de dollars, étalés sur plus d'un demi-siècle.

Un « cadeau »

Pour Michel Fugère, du Mouvement vert Mauricie, la fermeture de la centrale est « un cadeau » et un « grand jour » pour l'ensemble des Québécois. Il a rappelé que différents sondages montraient que plus de 60 % de la population de la région souhaitaient la fermeture de Gentilly-2.

M. Fugère a toutefois indiqué qu'il restera toujours vigilant pour s'assurer de l'irréversibilité de la décision, car les partisans du nucléaire souhaitent, selon lui, mettre la centrale en dormance pour la relancer après l'élection d'un nouveau gouvernement.

En ce qui concerne les pertes d'emplois, M. Fugère estime que les travaux de démantèlement permettront de garder des emplois. « Il n'y a pas de drame économique », a-t-il affirmé.

Les partisans de Gentilly-2 ne baissent pas les bras

Jean-Denis Girard, président de la Chambre de commerce du Coeur du Québec et partisan de la centrale, ne veut pas abandonner. Pour lui, Gentilly-2 n'est pas déclassée tant qu'un permis n'est pas délivré.

Il compte d'ailleurs montrer devant la commission parlementaire sur Gentilly-2 que celle-ci est rentable économiquement. Et il en veut pour preuve la comparaison avec les coûts du projet hydroélectrique de la Romaine ou des éoliennes qui, selon lui, sont moins rentables que la centrale nucléaire.

M. Girard a affirmé que Mme Marois lui a assuré que la décision du gouvernement était « économique et non idéologique ». Mais il ne semble pas y croire. Il dit qu'il ne lâchera pas tant que le gouvernement ne donnera pas la vraie raison qui a motivé sa décision.

Selon M. Girard, il faudra cinq ans pour déclasser la centrale et replacer le personnel, ce qui aura pour conséquence un coût important pour Hydro-Québec.

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