Il faut des outils pour contrer la cyberintimidation, dit un rapport du Sénat

Cyberintimidation  Photo :  iStock Photo

Les sites de réseaux sociaux comme Facebook doivent s'assurer que les jeunes qui sont la cible de cyberintimidation puissent plus facilement signaler ce qu'ils subissent et forcer le retrait du matériel offensant, affirme un comité parlementaire qui s'est penché sur le sujet.

Le rapport du comité sénatorial permanent des droits de la personne sur la cyberintimidation - qui est le fruit d'une étude d'un an basée sur les témoignages de chercheurs, de professionnels de la santé mentale et d'élèves - recommande avec insistance une approche communautaire pour faire face au problème.

Cela veut dire que les victimes, les parents, les agresseurs, les enseignants et les élèves devront tous faire partie de la solution, a fait valoir la sénatrice Mobina Jeffer, qui préside le comité.

Elle a indiqué en conférence de presse qu'aucune victime de cyberintimidation qui a témoigné n'a mentionné qu'il voulait voir ses agresseurs punis. Tout repose sur l'éducation, a-t-elle fait valoir, et les jeunes doivent apprendre à réfléchir à ce qu'ils mettent en ligne.

Lors de son témoignage au comité en avril, la professeure d'éducation Shaheen Shariff de l'Université McGill a expliqué que l'intimidation est moins un problème dans les écoles où les parents et les enfants travaillent ensemble à développer des programmes et à faire face aux conséquences de la cyberintimidation.

La professeure Shelley Hymel de l'Université de la Colombie-Britannique a également témoigné que des programmes impliquant la communauté entière ont aidé des écoles à réduire jusqu'à 40 % leurs taux de cyberintimidation.

Le rapport du comité souligne que lorsqu'il s'agit d'enfants, le système de justice criminelle est seulement approprié dans les cas les plus extrêmes et qu'en raison de la nature compliquée des relations de cyberintimidation, d'autres approches que la tolérance zéro ou la discipline devraient être explorées.

Le rapport survient seulement deux mois après le suicide, hautement médiatisé, de l'adolescente britanno-colombienne Amanda Todd. Avant sa mort, elle avait mis sur YouTube une vidéo poignante dans laquelle elle décrivait l'intimidation dont elle avait fait l'objet sur le web.


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