La commission Charbonneau

Le club 357c populaire chez les politiciens

L'analyse d'Isabelle Richer et le reportage de Julie Dufresne

Les invitations faites par Paolo Catania à des ministres, à des fonctionnaires et à des élus municipaux au club privé 357c ont eu des échos jusqu'à l'Assemblée nationale, où beaucoup de politiciens ont fréquenté cet endroit.

Plusieurs membres du gouvernement péquiste ont d'ailleurs reconnu avoir déjà été invités au 357c dans le cadre de divers événements et rencontres. La première ministre Pauline Marois a affirmé y avoir rencontré de jeunes entrepreneurs.

La première ministre du Québec, Pauline Marois La première ministre du Québec, Pauline Marois

« Tout le monde qui serait déjà allé là [au club 357c] ne peut pas être accusé d'y être allé pour se faire acheter », a déclaré la première ministre Marois aux journalistes.

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert, y est aussi allé alors qu'il n'était pas encore député, à l'invitation de Paolo Catania, qui dirigeait alors la fondation de l'Hôpital Charles-Lemoyne. M. Hébert y était allé à titre de doyen de la Faculté de médecine de l'Université de Sherbrooke.

Le ministre Jean-François Lisée a aussi fréquenté le club 357c en compagnie de Lucien Bouchard, tout comme le ministre des Finances, Nicolas Marceau, alors qu'il était dans les rangs de l'opposition, à l'invitation du président de la Chambre de commerce de Montréal.

Le ministre des Relations internationales du Québec, Jean-François Lisée Le ministre des Relations internationales du Québec, Jean-François Lisée

Au sujet de la qualité de l'endroit, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, a cru bon de préciser que lorsqu'ils sont invités dans de tels endroits, qui sont en général très chers, les députés et les membres du gouvernement devraient payer eux-mêmes leur addition.

« Et s'ils trouvent que c'est trop cher, eh bien, ils les inviteront au Saint-Hubert », a ajouté le ministre Lisée.

L'opposition aussi

Questionnés par les journalistes sur leur présence au club 357c, les chefs de l'opposition Jean-Marc Fournier et François Legault ont affirmé tous deux l'avoir déjà fréquenté.

Jean-Marc Fournier, chef par intérim du Parti libéral du Québec Jean-Marc Fournier, chef par intérim du Parti libéral du Québec

Le chef libéral par intérim, Jean-Marc Fournier, a raconté y avoir déjà été en compagnie de membres du Collège des médecins, tandis que François Legault y avait été invité pour assister à un défilé de mode.

Suggérant que le fait de fréquenter un restaurant ou un club, fût-il privé, n'a rien de répréhensible, Jean-Marc Fournier a défendu cet aspect de son travail de politicien.

« Si on ne peut pas rencontrer les gens pour être au diapason de ce dont la société a besoin, je pense que la démocratie fout le camp. » — Jean-Marc Fournier, chef par intérim du Parti libéral du Québec

Pour sa part, Québec solidaire a réclamé une enquête du commissaire au lobbying.

À Line Beauchamp et à Tony Tomassi de s'expliquer

Quant à la présence des ex-ministres Line Beauchamp et Tony Tomassi dans cet établissement sur invitation de l'entrepreneur proche du clan Rizzuto, Paolo Catania, Jean-Marc Fournier a précisé que son parti leur laissait le soin de s'expliquer eux-mêmes.

« On va attendre de voir exactement qui ils ont rencontré. Je ne pense pas que ce soit un problème d'aller au 357 C », a de son côté déclaré François Legault.

L'ex-ministre libérale Line Beauchamp a publié un communiqué dans lequel elle explique sa présence au 357c. « C'était pour moi une façon de rester proche des préoccupations des gens et d'éviter de me faire reprocher d'être enfermée dans une tour d'ivoire au sein de mes ministères », a dit Line Beauchamp.

La direction du 357c remet les pendules à l'heure

La direction du club 357c, de son côté, a senti le besoin de rappeler, dans un communiqué publié mercredi, que cet établissement est un club honorable qui jouit d'une excellente réputation.

Le club ajoute que les actions d'une très petite minorité de ses clients ne devraient pas avoir un impact négatif sur l'image du club et de ses membres.

Le procureur de la commission Charbonneau Denis Gallant avait d'ailleurs pris le soin mardi en préambule, de dire que le club n'avait rien à se reprocher.

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