« Je vais continuer à venir à la table », déclare Pauline Marois au Conseil de la fédération

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Le compte rendu de Martine Biron

Le Conseil de la fédération a clos ses travaux vendredi à Halifax. Pauline Marois quitte la Nouvelle-Écosse avec en poche une entente avec l'Alberta sur la question du pétrole.

Au terme de cette rencontre, la première ministre du Québec Pauline Marois a eu à répondre à une série de questions notamment sur le sens qu'elle donne à sa participation au Conseil de la fédération, que l'on doit entre autres à son prédécesseur, Jean Charest.

Pauline Marois, qui a déjà qualifié dans le passé le Conseil de la fédération d'« inutile », a répliqué : « Je vais continuer à venir à la table » comme l'ont fait avant elle Bernard Landry et Lucien Bouchard à des rencontres similaires.

Elle estime que sa rencontre avec ses homologues du pays a été fructueuse.

« C'est maintenant la nouvelle institution pour s'assurer que les premiers ministres des provinces aient un lieu de rencontre et d'échange », Pauline Marois.

Une déclaration qui a ravi ses homologues provinciaux.

Sur le thème de la souveraineté, Mme Marois a tenu à rappeler qu'elle était « à la tête d'une formation souverainiste » et que son gouvernement était « dirigé par des souverainistes » et que cela demeurait sa perspective.

Le Québec s'entend avec l'Alberta sur le transport du pétrole

Les premiers ministres sont revenus sur l'enjeu du pétrole albertain disponible à travers le pays. La première ministre de l'Alberta a parlé d'une approche constructive. Son homologue du Nouveau-Brunswick, dont l'accès au pétrole albertain dépend de l'accord du Québec, a noté l'ouverture de la première ministre Marois.

L'Alberta et le Québec ont profité d'un forum jeudi pour discuter de transport de pétrole entre les deux provinces.

marois-redford

Pauline Marois et Alison Redford, première ministre de l'Alberta, se sont entendues, lors du forum économique qui précédait le conseil, pour étudier un projet de transport de pétrole issu des sables bitumineux par oléoduc du nord de l'Alberta jusqu'aux raffineries du sud du Québec.

Un comité sera chargé d'évaluer si le Québec tirerait avantage du projet d'oléoduc. Le comité mixte avec l'Alberta sera mis sur pied d'ici Noël et ses travaux devraient se dérouler rondement.

Le projet prévoit notamment l'inversion du flux d'un pipeline de la société Enbridge qui sert actuellement à envoyer du pétrole raffiné en Ontario.

« Avant d'aller plus loin, nous avons convenu, Mme Redford et moi, qu'il était important qu'on fasse le point sur l'ensemble des aspects de cette question, encore une fois économique, environnementale, technique. Et par la suite nous verrons s'il y a lieu de continuer dans cette perspective », a dit Mme Marois.

De son côté, Mme Redford a assuré que le projet d'Enbridge aurait des avantages autant pour l'Alberta que pour le Québec.

« Les opportunités pour le développement économique auront un impact sur l'emploi en Alberta, mais aussi au Québec pour le raffinage et pour stimuler les investissements en Alberta et au Québec », a-t-elle dit.

Joe Oliver, le ministre fédéral des Ressources naturelles, a affirmé vendredi qu'il était heureux que Mme Marois ait amorcé le dialogue à ce sujet avec Mme Redford et d'autres leaders provinciaux.

Il est d'avis que la proposition d'inverser le flux d'un pipeline d'Enbridge pour envoyer du pétrole vers le Québec créerait des emplois dans la province et se traduirait par des économies à la pompe pour les consommateurs.

La semaine dernière, le ministre de l'Environnement, Daniel Breton, a annoncé que le Québec souhaite évaluer les risques liés à l'inversion du flux d'un pipeline, un projet très important pour les exportations albertaines.

Ottawa se réserve le dernier mot

Ottawa a cependant fait savoir cette semaine que ce projet d'Enbridge relève de sa juridiction, ce qui laissera le dernier mot aux autorités fédérales.

Deux projets d'oléoducs pour exporter le pétrole albertain vers le Pacifique et les États-Unis se sont déjà heurtés à une opposition en raison des craintes pour l'environnement.