Denis Coderre, aspirant maire

Denis Coderre (archives)

Député libéral de la circonscription montréalaise de Bourassa depuis 1997, ministre à plusieurs reprises, Denis Coderre lorgne du côté de la mairie de Montréal depuis plusieurs années.

« Je l'ai déjà dit : je suis un carriériste. Je ne sais pas pourquoi, certaines personnes considèrent que c'est une mauvaise chose, mais je veux servir. Je veux être chef. Tu ne peux pas laisser passer une occasion de prendre une décision quand cela fait 15 ans que tu es député, dont environ la moitié en tant que ministre. D'un autre côté, je suis un fier Montréalais, j'ai mal à Montréal présentement. » — Denis Coderre

Lors de son traditionnel souper spaghetti, le 9 novembre, M. Coderre a annoncé qu'il « envisage » d'être candidat à la mairie en novembre 2013. Il a affirmé qu'il souhaitait attendre la fin de la course à la direction du Parti libéral avant d'aller plus loin.

Bien connu du grand public, très présent dans les médias, Denis Coderre est l'un des rares députés libéraux québécois qui ont réussi à conserver leur siège lors des dernières élections fédérales.

En entrevue, il a admis que le poste de maire l'intéressait et qu'il était flatté par l'intérêt soulevé par son éventuelle candidature, mais qu'il attendait la décision de Gérald Tremblay avant de se lancer. Celui-ci a officiellement démissionné le 5 novembre.

« Comme Montréalais, je suis gêné de ce qui se passe présentement dans notre métropole. J'ai l'impression qu'on a perdu notre âme et qu'il faut la retrouver. » — Denis Coderre

Tous ne l'accueilleront pas à bras ouverts. Certains conseillers municipaux estiment que le député de Bourassa n'a pas l'expérience nécessaire en affaires municipales pour devenir maire. D'autres l'accusent d'être un opportuniste.

Quoi qu'il en soit, Denis Coderre ne compte pas sur les élus d'Union Montréal et semble envisager l'option de se lancer comme candidat indépendant. « La première question que je me pose aujourd'hui c'est : est-ce qu'on a vraiment besoin d'un parti politique au municipal? Est-ce qu'on doit fonctionner de cette façon-là? [...] Je pense que ça va être un débat à faire. »

Il a déjà des idées pour redonner confiance aux Montréalais en leur administration municipale, dont la mise en place d'un inspecteur général avec pleins pouvoirs d'enquête. Il souhaite également revoir le financement politique au niveau municipal.

Denis Coderre est l'un des politiciens canadiens les plus actifs sur les réseaux sociaux. Il est l'un des premiers à avoir ouvert un compte Twitter, suivi par plus de 86 000 personnes.

Le 31 octobre 2012, Denis Coderre a annoncé qu'il ne serait pas de la course à la direction du Parti libéral du Canada. « J'ai dit : "C'est la chefferie ou la mairie." Je vous dis aujourd'hui que ce n'est pas la chefferie ». Le député de Bourassa a précisé qu'il s'engageait à conserver ses responsabilités jusqu'à la tenue du congrès à la direction du Parti libéral, en avril 2013.

Ce n'est pas la première fois que Denis Coderre est pressenti comme candidat à la direction du PLC pour ensuite renoncer à se lancer dans la course. Déjà, en 2006, après le départ de Paul Martin, il avait hésité à faire le saut, et s'était rallié à la campagne de Michael Ignatieff. C'est finalement Stéphane Dion qui avait été élu chef.

Quand, en 2008, Michael Ignatieff devient chef du PLC, Denis Coderre est son lieutenant québécois. Mais il renonce à son poste avec éclat, en septembre 2009, lorsque la candidate qu'il privilégiait pour la circonscription montréalaise d'Outremont est écartée pour y imposer Martin Cauchon.

En 2005, M. Coderre a été éclaboussé par les révélations de la commission Gomery. On y a appris qu'il était ami de Claude Boulay, ancien président du groupe Everest, très impliqué dans le scandale des commandites.

Né le 25 juillet 1963 à Joliette, Denis Coderre fait un baccalauréat en sciences politiques à l'Université de Montréal. Dès 1988, il se présente pour le Parti libéral du Canada (PLC) dans la circonscription de Joliette, où il est battu par le candidat du Parti progressiste-conservateur.

Lors des élections partielles du 13 août 1990, c'est Gilles Duceppe qui le bat, dans Laurier-Sainte-Marie cette fois.

Il est ensuite candidat dans Bourassa (Montréal-Nord) qu'il perd une première fois le 25 octobre 1993, avant de l'emporter finalement le 2 juin 1997. Depuis, il y a été réélu sans interruption.

Denis Coderre a occupé plusieurs fonctions au Parlement. Il a notamment été ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration (2002 - 2003), responsable de la Francophonie et du règlement des questions des pensionnats autochtones (2003 - 2004), ainsi que président du Conseil privé de la Reine (2003 - 2004). Il a également été secrétaire d'État au Sport amateur (1999-2002).

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