La médecine à deux vitesses est « inacceptable », selon le ministre Hébert

Rejean Hébert Le ministre de la Santé du Québec, Réjean Hébert

Il y a un problème « inacceptable » de médecine à deux vitesses au Québec et il faut le régler, a déclaré mardi le ministre de la Santé, Réjean Hébert, mardi.

Le ministre Hébert réagissait ainsi au rapport de la protectrice du citoyen, Raymonde Saint-Germain, qui relève des délais d'attente dans le système public, notamment en physiothérapie, en audiologie, en orthophonie et en coloscopie.

Mme Saint-Germain fait remarquer que ces services sont plus accessibles en clinique privée pour ceux qui ont des assurances ou des revenus suffisants.

Le ministre Hébert a admis clairement l'existence d'une médecine à deux vitesses qu'il faut réfréner. « Il y a un problème de médecine à deux vitesses au Québec », a-t-il déclaré en point de presse mardi matin avant d'entrer au caucus du Parti québécois, au parlement. « Je pense que c'est inacceptable », a-t-il dit. Selon lui, l'accès au système de santé doit être déterminé par la carte d'assurance-maladie et la priorité clinique, et non par ce qu'on a « dans ses poches ou dans son compte de banque ».

Prudence sur les causes

M. Hébert a été très prudent sur les causes de l'émergence de la médecine à deux vitesses, évitant une réplique partisane qui aurait fait porter le blâme au précédent gouvernement libéral, qui a balisé et limité le recours aux cliniques privées.

De l'avis de M. Hébert, ce sont les « déficiences du système public » qui expliquent les problèmes d'accès. Si on améliore l'accès en radiologie, en première ligne et à certains services comme la coloscopie, le système public sera plus performant, et le recours aux cliniques privées sera superflu, a-t-il dit.

Il a toutefois tourné les talons lorsqu'on l'a interrogé sur la responsabilité du gouvernement libéral précédent. Auparavant, il a fait ressortir que son plan, dévoilé dimanche, s'attaquait précisément aux problèmes d'accès aux soins de première ligne, soulevés dans le rapport de la protectrice du citoyen.

Les groupes de médecine de famille à la rescousse

En vertu du plan péquiste, 750 000 Québécois de plus auront accès à un médecin de famille d'ici à deux ans. De nouveaux groupes de médecine de famille (GMF) seront créés et accrédités. De plus, des fonds seront investis en travail multidisciplinaire dans les GMF, pour l'embauche de professionnels qui viendront alléger la charge de travail des médecins. Enfin, il y aura une hausse nette de 170 nouveaux médecins de famille à terme.

Lors du dépôt de son rapport la semaine dernière, la protectrice du citoyen avait affirmé que, « de plus en plus, on constate un écart entre ce qui est annoncé et ce qui est accessible, et qu'en conséquence, des gens qui le peuvent vont en clinique privée parce qu'ils ont soit des assurances privées, soit les moyens de le faire. [...] C'est là où est le problème. »

Elle ajoutait qu'il faut prendre les moyens pour rendre le régime accessible à tous, ce qui n'exclut pas le privé, dans la mesure où il « peut avoir un apport positif à l'accessibilité des services ».


Info en continu Afficher le fil complet

Facebook