La langue de travail, prochain cheval de bataille du gouvernement Marois

Diane De Courcy Diane De Courcy

La ministre québécoise responsable de la Charte de la langue française a réagi mercredi au recul du français révélé par le portrait de la situation linguistique de Statistique Canada.

Lors d'un point de presse à l'Assemblée nationale, Mme De Courcy a souligné que les données publiées par l'organisme fédéral ne donnent pas d'indications sur « la langue de travail dans nos entreprises ».

À la suite de ce constat, la ministre De Courcy a annoncé que l'Office de la langue française (OQLF) présentera cet automne « des chiffres sur la langue de travail ».

Considérant que la langue de travail est « un puissant déterminant de l'intégration des immigrants », la ministre a estimé que le Québec doit « avoir accès à d'importantes données ».

Mme De Courcy a fait part de sa déconcertation en constatant qu'« un grand nombre de nouveaux arrivants francophones doivent suivre des cours d'anglais pour espérer trouver du travail ».

« Exiger le bilinguisme devient la norme et non pas l'exception. » — Diane De Courcy, ministre responsable de la Charte de la langue française

La ministre a indiqué que le discours inaugural de la première ministre Pauline Marois « donnera le rythme et le moment des actions que notre gouvernement prendra » sur le sujet.

Elle a également souligné qu'elle était déçue par ces chiffres, car, selon elle, les moyens mis en place depuis plusieurs années « n'ont pas permis d'avoir les résultats escomptés ».

Mesures incitatives

D'autres ministres du gouvernement Marois ont déploré le recul du français.

Pour le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, il faut des mesures solides pour protéger le français sur l'île.

Le ministre responsable de la métropole, Jean-François Lisée, a déclaré que les nouvelles données de Statistique Canada confirment les prédictions des péquistes.

Selon M. Lisée, les plus récentes données s'expliquent par le fait que les immigrants parlent davantage leur langue maternelle.

« On le voit, il y a des familles qui, à l'arrivée du premier ou deuxième enfant, pour des raisons financières, vont en banlieue. Et si on réussissait à les retenir de différentes façons, cela modifierait la tendance. » — Jean-François Lisée, ministre des Relations internationales, de la Francophonie et du Commerce extérieur

Le ministre a affirmé qu'il préparait des initiatives pour inciter les familles francophones à demeurer sur l'île de Montréal.

L'accès à l'habitation par des logements abordables est l'un des aspects envisagés, a expliqué M. Lisée.

En 2011, 39 % des habitants de l'île de Montréal parlaient uniquement le français dans leur foyer, une baisse par rapport au chiffre de 46 % en 2001. L'anglais suit la même tendance à la maison.

La ministre du Travail, Agnès Maltais, a pour sa part affirmé que le gouvernement déposera dès la semaine prochaine des projets de loi pour freiner le recul du français.