Pauline Marois écarte pour l'instant la mise sous tutelle de Montréal

Voyez l'entrevue avec Pauline Marois

La première ministre du Québec, Pauline Marois, n'envisage pas de mettre sous tutelle la Ville de Montréal, dont le parti dirigeant, Union Montréal, a été éclaboussé par des allégations de corruption lors des audiences de la commission Charbonneau. Mais elle n'écarte pas totalement cette idée.

« Ce n'est pas une possibilité que l'on a décidé de mettre en oeuvre », a-t-elle déclaré au cours d'une entrevue accordée à Radio-Canada. Elle n'a cependant pas fermé la porte à cette option. « On évaluera selon la suite », a-t-elle ajouté.

Interrogée sur la pertinence de la démission éventuelle du maire Gérald Tremblay, Mme Marois a estimé que les allégations soulevaient des « questions sur son autorité morale ». « Je crois qu'il a à se poser la question », a-t-elle répondu, soulignant toutefois que la décision lui appartenait.

Si elle dit ne pas être surprise par ce qu'elle a entendu jusqu'ici au cours des audiences, elle estime cependant que « ça semble encore plus grave » que ce qu'on pensait. Elle écorche au passage l'ancien premier ministre Jean Charest pour avoir tardé à déclencher la Commission d'enquête sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction. Il « devrait s'excuser de ne pas avoir agi plus tôt », affirme-t-elle.

Pauline Marois fait le point 31 jours après son élection

Mme Marois est également revenue sur plusieurs décisions controversées prises par son gouvernement depuis son assermentation, le 17 septembre, dont la fermeture de la centrale Gentilly-2 et l'instauration de nouveaux impôts pour les Québéxois plus aisés pour compenser l'abolition de la taxe santé mise en oeuvre par le gouvernement précédent.

« On n'a jamais caché ce qu'on allait faire », dit-elle à propos de la centrale, soulignant que le parti québécois avait annoncé ses couleurs il y a déjà deux ans. Mettant de l'avant la nécessité de travailler à la « diversité économique de la région, elle a indiqué qu'elle rencontrerait la mairesse de Bécancourt, Gaétane Désilets, dès son retour de son premier voyage à l'étranger. Mme Marois se rendra en République démocratique du Congo, du 12 au 14 octobre prochain pour le Sommet de la Francophonie et se rendra ensuite à Paris jusqu'au 17 octobre.

Quant à la hausse d'impôt des particuliers touchant un revenu net supérieur à 130 000 $, Mme Marois affirme vouloir « donner un peu d'oxygène aux gens de la classe moyenne », touchée par des hausses de tarifs décrétées par le gouvernement libéral.

Le ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a fait le point sur la situation budgétaire du Québec.  Photo :  PC/Graham Hughes

S'engageant à gérer les finances publiques avec rigueur et réitérant que son gouvernement entendait maintenir le cap sur l'équilibre budgétaire, elle s'est en outre présentée comme une « alliée » des gens d'affaires dans la création de la richesse. Plus tôt, son ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, et le président du Conseil du Trésor, Stéphane Bédard, ont promis un retour au déficit zéro dès 2013-2014, comme prévu.

Pauline Marois reconnaît que la décision de son gouvernement d'appliquer de façon rétroactive à l'année d'imposition 2012 les hausses d'impôts annoncées, tout comme l'imposition accrue des gains en capital et la réduction du crédit d'impôt sur les dividendes a suscité un tollé. Sans préciser l'avenue que prendra son gouvernement, Mme Marois dit avoir « entendu les points de vue qui ont été émis ».

Le ministre des Finances rendra publique position sur l'ensemble de ce dossier mercredi prochain, a-t-elle indiqué.

Le sommet sur l'éducation reporté de quelques mois

La première ministre Marois a en outre spécifié que son gouvernement tiendrait le sommet sur l'éducation supérieure promis en campagne électorale au printemps. L'engagement prévoyait cependant l'ouverture de ce sommet dans les 100 jours de l'accession au pouvoir du Parti québécois.

Mme Marois soutient que le report a été décidé d'un commun accord avec les associations étudiantes « qui veulent se préparer » et avec le milieu d'enseignement.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a confirmé à Radio-Canada.ca que ses membres avaient adopté en soirée une motion sur la tenue d'un sommet au printemps.

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