Gentilly-2 cessera la production d'électricité le 28 décembre

Radio-Canada avec La Presse Canadienne
La centrale Gentilly-2 à Bécancour

La centrale nucléaire Gentilly-2, située à Bécancour, cessera de produire de l'électricité dès le 28 décembre, après 29 ans d'existence.

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a annoncé mercredi que son gouvernement acceptait la recommandation d'Hydro-Québec de fermer la centrale nucléaire Gentilly-2.

Cette recommandation est contenue dans le rapport d'évaluation, réalisé par la société d'État et rendu public aujourd'hui, sur les coûts de réfection de la centrale nucléaire.

« Ce rapport démontre que la réfection de la centrale Gentilly-2 n'est pas une solution économiquement rentable pour les Québécois. Nous devons tirer les leçons qui s'imposent des coûts supplémentaires engagés lors de la réfection de la centrale jumelle de Point Lepreau, au Nouveau-Brunswick, de la vente d'Énergie atomique du Canada Limitée et de la catastrophe nucléaire de Fukushima. De plus, nous devons considérer que nous disposons d'un surplus d'énergie électrique », a indiqué la ministre.

Mme Ouellet a précisé que les opérations de démantèlement s'effectueront dans l'ordre, la rigueur et, avant tout, le plus grand souci de la sécurité des travailleurs et des citoyens.

Le pdg d'Hydro-Québec Thierry Vandal et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet Le pdg d'Hydro-Québec Thierry Vandal et la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet

Un fonds de 200 millions de dollars pour la région

La ministre a parlé également d'un fonds de diversification de 200 millions de dollars. « Ce fonds permettra de réaliser des projets porteurs qui donneront un nouveau souffle à la région », a-t-elle affirmé.

Mme Ouellet a dit avoir obtenu l'assurance qu'Hydro Québec utilisera l'expertise des personnes déjà en place à la centrale en les associant aux activités de démantèlement. « Les employés admissibles pourront aussi prendre leur retraite et les employés permanents seront réaffectés à d'autres fonctions au sein de la société d'État », lit-on dans le communiqué du ministère des Ressources naturelles.

La réfection coûterait 4,3 milliards de dollars, selon un rapport d'Hydro-Québec. Le déclassement avoisinerait quant à lui les 2 milliards de dollars.

Fermeture définitive en 2062

Le PDG d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, a précisé que la fermeture totale est prévue en 2062, soit dans 50 ans, à cause de la structure même de la centrale.

Des travaux de préparation à la dormance seront réalisés sur une période de 18 mois jusqu'à mi-2014. Ils consistent notamment à décharger le combustible du réacteur et à traiter l'eau lourde.Cette étape sera suivie d'une période de dormance de 40 ans. La centrale sera ensuite démantelée et le site remis en état.

La fermeture n'entraînera aucun changement dans la facture du consommateur.

Pas de commission parlementaire sur Gentilly-2

Par ailleurs, le gouvernement Marois refuse de tenir une commission parlementaire sur la centrale nucléaire Gentilly-2.

Le responsable de la Mauricie au conseil des ministres, Yves-François Blanchet, a fait savoir mercredi matin que le gouvernement ferme la porte à cette option proposée par les syndiqués et les élus de la région. Il a toutefois indiqué qu'il ne s'agit pas nécessairement d'une décision définitive.

M. Blanchet a évoqué des entretiens privés avec des représentants de la Mauricie, sans donner plus de précisions.

Il a expliqué que ces rencontres permettent aux interlocuteurs de cheminer, tout en disant qu'il n'a pas changé de position à ce sujet, sauf sur la façon d'utiliser le fonds de diversification de 200 millions de dollars qu'offre le gouvernement pour compenser la fermeture de la centrale.

Les réactions à l'annonce officielle ont été nombreuses en Mauricie et au Centre-du-Québec, où plusieurs intervenants ont réitéré que le fonds de diversification de 200 millions de dollars proposé par le gouvernement de Pauline Marois ne sera pas suffisant pour remplacer les 800 emplois.

Le déclassement de Gentilly-2 a été annoncé par la première ministre Pauline Marois au terme de sa première séance du conseil des ministres.

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