Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Marois annule la hausse des droits de scolarité et ferme Gentilly-2

Lili Boisvert
Radio-Canada
Point de presse de la première ministre du Québec, Pauline Marois

La première ministre annule la hausse des droits de scolarité décidée par l'ancien gouvernement libéral et décrète la fin du nucléaire au Québec.

Lors de son premier point de presse aux commandes du gouvernement du Québec, jeudi après-midi, Pauline Marois a aussi annoncé l'abrogation, vendredi, des dispositions de la loi 12 (ancien projet de loi 78) concernant l'interdiction de manifester.

« Ces deux décisions permettront de ramener la paix et de rétablir les droits et libertés. » — Pauline Marois

Ces premières mesures sont mises en oeuvre par décrets ministériels, et ne requièrent donc pas l'aval des députés de l'Assemblée nationale, où le Parti québécois est minoritaire.

À propos des droits de scolarité, le plafond des droits annuels pour 2012-2013 sera maintenu à 2168 $. De plus, pour cette année, le gouvernement maintient la bonification de 39 millions de dollars de l'aide financière prévue par le gouvernement Charest, parallèlement à la hausse des droits. « Je crois que ce serait incorrect de récupérer cette aide », a déclaré Mme Marois. La bonification sera donc disponible pour les étudiants qui n'ont pas encore fait de demande d'aide.

Quant aux décisions à venir au sujet du financement des universités, Pauline Marois rappelle qu'elle est pour une indexation des droits de scolarité au coût de la vie, une suggestion qu'elle considère comme raisonnable.

« Une indexation, ça reste une forme de gel. » — Pauline Marois

La question sera débattue lors du sommet sur le financement des universités qu'entend tenir le PQ dans les 100 premiers jours de son gouvernement. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, pilotera ce dossier.

Les trois principales associations étudiantes ont réagi positivement à l'annonce de Mme Marois. La présidente de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, a toutefois signifié mercredi qu'elle espérait que Pauline Marois renonce à son projet d'indexer les droits de scolarité universitaires.

Québec solidaire a également salué l'annulation des droits de scolarité, tout en déplorant la proposition d'indexation de la première ministre.

Du côté du Parti libéral, le chef par intérim de l'opposition officielle, Jean-Marc Fournier, estime que la première action du gouvernement Marois va à l'encontre du développement économique de la province parce que les universités « contribuent directement à la prospérité économique du Québec » et que la première ministre compromet leur financement « sans proposer d'alternative ».

Fermeture de Gentilly-2

Par ailleurs, la première ministre a réaffirmé jeudi l'engagement du Parti québécois de procéder à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2.

« Je veux que ce geste devienne un symbole de l'engagement du Québec pour l'environnement et le bien-être des générations futures, mais aussi d'une gestion rigoureuse de nos finances », a-t-elle déclaré.

Elle dit vouloir que la fermeture « se fasse correctement » et explique qu'en ce sens, elle demande à la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, et à Hydro-Québec de présenter un rapport sur les conséquences de la fermeture.

Un fonds de diversification de 200 millions de dollars sera d'ailleurs créé afin de compenser la perte d'activités économiques liée à la fermeture de la centrale.

L'annonce a suscité de nombreuses réactions dans la région.

Pas de taxe santé sur la prochaine déclaration de revenus

Le gouvernement entend aussi honorer un autre de ses engagements en annonçant que les Québécois n'auront pas à payer la taxe santé lorsqu'ils feront leur prochaine déclaration de revenus.

La taxe sera toutefois « portée à d'autres niveaux », a prévenu Mme Marois.

En campagne électorale, le PQ avait promis d'éliminer cette taxe en allant chercher autrement ces mêmes sommes, dédiées au financement des hôpitaux, soit en taxant les contribuables les plus riches.

Instaurée en 2010, la taxe santé de 25 $ est passée à 100 $ en 2011, et devait atteindre 200 $ cette année. Elle était payée par tous les contribuables, indépendamment de leur revenu, ce que décriaient les péquistes.

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