Rentrée parlementaire à Ottawa

Le compte rendu d'Emmanuelle Latraverse

C'est la rentrée parlementaire aujourd'hui pour les députés de la Chambre des communes à Ottawa. Une session où le ton risque de monter, alors que le gouvernement Harper s'apprête à déposer un second projet de loi pour mettre en oeuvre son budget.

Après une douzaine de semaines dans leur circonscription, les députés reviennent à Ottawa pour débattre du même enjeu central discuté au moment où ils ont ajourné la session parlementaire. Pour le premier ministre, la priorité demeure la même : « la création emploi, la croissance économique et la prospérité à long terme ».

Stephen Harper maintient le cap dans cette ère « d'incertitudes économiques mondiales » qui, selon lui, pourrait bien devenir la norme. Il s'agit d'un discours rassurant de la part d'un gouvernement qui a mené une bataille épique sur l'adoption d'un budget monstre, en juin dernier.

La session s'annonce toutefois mouvementée puisqu'après C-38, un autre projet de loi omnibus pourrait bien être déposé cet automne, dans lequel on pourrait notamment retrouver des changements aux régimes de retraite des fonctionnaires fédéraux.

Le gouvernement se fait avare de détails, mais l'opposition fourbit ses armes. « Ce que je vois surtout dans le monde de M. Harper, c'est un sens de complaisance face aux problèmes que nous avons. Mais franchement, ça ne fait pas face aux grands défis que nous avons comme pays », souligne le chef intérimaire du Parti libéral du Canada, Bob Rae.

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, craint lui aussi « la partie 2 du projet de loi budgétaire » du ministre des Finances, Jim Flaherty.

« Ils sont en train de couper aveuglément. C'est ce qu'on craignait le plus. On va donc demander des comptes là-dessus et on va être très sévères avec [les conservateurs] », a-t-il poursuivi, en entrevue dans le cadre de l'émission Les coulisses du pouvoir diffusée dimanche.

Le chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair Le chef du Nouveau Parti démocratique Thomas Mulcair

Les grands axes d'attaque du NPD tournent autour des détails de la réforme de l'assurance-emploi, de l'âge des retraites et de l'environnement. Mais pour Thomas Mulcair, son parti doit aller bien plus loin pour bâtir sa crédibilité comme solution de rechange aux conservateurs.

« Il ne faut pas seulement s'opposer, il faut qu'on commence à proposer. Il faut que les gens qui nous regardent aient confiance dans notre capacité de gérer et qu'ils aient une idée de ce que nous allons mettre sur la table. » — Thomas Mulcair, chef du NPD

Même à trois ans des élections, chaque parti tente de marquer des points. Thomas Mulcair se dit convaincu de pouvoir faire élire un représentant de son parti dans la circonscription montréalaise de Bourassa si jamais le libéral Denis Coderre devait annoncer sa candidature à la mairie de Montréal. Thomas Mulcair a par ailleurs reconnu que le NPD a déjà commencé à s'organiser sur le terrain.

De son côté, si le Parti libéral a le luxe d'avoir un chef par intérim capable de tenir le fort, le défi demeure : s'assurer que la course à la direction ne devienne pas une distraction. Mais Bob Rae ne voit pas la course qui s'amorcera en novembre comme un obstacle.

« Je crois que ça ne va pas créer une distraction, mais plutôt un intérêt important de la part de la population », estime-t-il.

La prochaine session ne sera pas à l'abri de débats houleux. Même si on s'attend à ce que l'économie soit au coeur des débats, d'autres dossiers devraient aussi susciter de l'intérêt.

De la réforme de l'assurance-emploi aux négociations d'un accord de libre-échange avec l'Europe, en passant par les régimes de retraite des employés fédéraux et des députés, la session d'automne s'annonce chargée. Et c'est sans compter les débats sur le bilinguisme des agents du Parlement et sur l'avortement au sein même du caucus conservateur.

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