Élections Québec 2012

Nouvel appel pour des bureaux de vote dans les cégeps et les universités

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
Bulletin de vote Bulletin de vote  Photo :  ml

Les fédérations étudiantes plaident une nouvelle fois pour l'aménagement de bureaux de vote dans les cégeps et les universités en prévision du prochain scrutin. Elles ont d'ailleurs écrit à ce sujet, jeudi, au Directeur général des élections et aux partis politiques.

Selon la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), qui ont publié un communiqué jeudi, « les modifications apportées à la Loi électorale sont insuffisantes pour faciliter le vote des étudiants ».

Les étudiants sont nombreux à ne pouvoir voter dans la circonscription où se situe leur domicile fixe, soit la résidence familiale, puisqu'ils fréquentent un cégep ou une université à l'extérieur de leur région.

Auparavant, aux fins du vote, ils pouvaient être considérés comme domiciliés soit dans la section de vote où se trouve leur domicile fixe, soit dans la section où ils demeurent temporairement pour leurs études. Le DGE a annoncé la fin de cette mesure le 12 juillet.

Désormais, les étudiants peuvent se prévaloir d'une mesure qui leur permet de voter pour les candidats dans la circonscription de leur domicile fixe, peu importe leur lieu de résidence temporaire. Toutefois, pour y avoir droit, les électeurs intéressés devront voter par anticipation, entre le 10e et le 4e jour avant le scrutin, et ce, au bureau du directeur de la circonscription où ils résident temporairement.

Selon la FECQ et la FEUQ, « ceux qui quittent temporairement leur domicile le temps de leurs études ne pourront choisir de voter à ce dernier endroit ».

Néanmoins, le DGE faisait remarquer que les étudiants peuvent effectuer un changement d'adresse pour faire de la circonscription où ils étudient celle de leur domicile fixe. L'étudiant doit toutefois considérer cette adresse comme sa principale demeure et se soumettre à un processus administratif.

La FECQ et la FEUQ plaident donc à nouveau pour l'implantation dans les cégeps et les universités de bureaux de vote et dénoncent par la même occasion le refus des libéraux sur cette question.

Le quotidien Le Devoir a révélé en juin le contenu du compte-rendu d'une réunion du comité technique portant sur le scrutin du Comité consultatif du DGE, datant du 26 avril. On peut y lire que « les représentants du Parti libéral ne sont pas d'accord pour mettre des bureaux de vote dans les établissements d'enseignement. Ils mentionnent que cette mesure favoriserait particulièrement une partie des jeunes électeurs, soit celle des étudiants », rapporte le journal.

« Le gouvernement libéral a refusé d'implanter des bureaux de vote dans les cégeps et les universités. Il refuse maintenant aux étudiants de voter dans leur lieu d'études et propose une nouvelle mesure peu adaptée à la réalité des étudiants », peut-on lire dans le communiqué des fédérations.

« On en vient à se demander s'il ne fait pas tout en son pouvoir pour empêcher les étudiants de voter dans des "circonscriptions étudiantes" comme Sherbrooke, de peur de ne pas être réélu aux prochaines élections », poursuit le texte.

En entrevue, la présidente de la FECQ, Éliane Laberge, a souligné que lors du scrutin de 2008, moins de la moitié des jeunes de 18 à 24 ans avaient exercé leur droit de vote. Traditionnellement, les jeunes sont moins nombreux à voter que les autres catégories d'électeurs.

La FEUQ et la FECQ font valoir que les autorités adoptent déjà des mesures pour favoriser le vote des aînés, en aménageant des bureaux de vote dans les résidences pour personnes âgées.

En entrevue à RDI, le directeur des relations de presse du Directeur général des élections du Québec, Denis Dion, a expliqué que c'était l'absence de consensus entre les partis politiques qui avait empêché d'aller de l'avant avec la mise en place de bureaux de scrutin dans les établissements d'enseignement postsecondaire.

« Nous, [au bureau du DGE], on ne trouvait pas que c'était une vilaine idée du tout. Ç'aurait été possible s'il y avait eu une entente entre les partis politiques autour de la table du comité consultatif. Mais il n'y a pas eu de consensus entre les partis. Donc, on n'a pas le droit de le faire, le DGE ne le permettrait pas », a-t-il dit.

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