Bilan de fin de session : Legault renvoie dos à dos ses adversaires

Martine Biron fait le bilan de fin de session des partis

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, promet de faire toutes les épluchettes de blé d'Inde et tous les barbecues du Québec cet été pour convaincre la population de tourner le dos au PLQ et au PQ, « vieux boxeurs fatigués à la fin du 12e round ».

Dans son bilan de fin de session, François Legault a consacré autant de temps à défendre son bilan et ses propositions qu'à décrier ses adversaires.

Le chef de la CAQ renvoie dos à dos le PQ et le PLQ dans le dossier du conflit étudiant, estimant que son parti a été le seul à avoir été « pragmatique, nuancé, responsable ».

« Le Parti libéral de Jean Charest a montré autant de leadership et de vision que le commandant du Titanic, et Mme Marois a jeté de l'huile sur le feu depuis quatre mois de cette crise avec les étudiants. » — François Legault

François Legault a notamment fait l'éloge de sa proposition d'utiliser les crédits d'impôt sur les droits de scolarité pour bonifier les prêts et bourses.

S'il s'est attardé à quelques mesures mises de l'avant par son parti au cours de la session, il a surtout tenté de se présenter comme la solution de rechange à Jean Charest pour assurer la prospérité du Québec.

Selon François Legault, et contrairement à l'image que veut projeter de lui-même le chef libéral, ce dernier n'est pas « un homme de résultats en économie ». Le chef de la CAQ déplore qu'entre 2003 et maintenant, le Québec ait vu le revenu par citoyen passer du 4e rang au 9e rang par rapport aux autres provinces.

« Ça doit être ça l'obsession au Québec, créer des jobs payantes à 20 $ et 30 $ de l'heure. Arrêter de créer des jobs et même de subventionner, par des crédits d'impôts, des jobs à 10 $ de l'heure. » — François Legault

La solution, soutient-il, passe par le développement d'une « économie de propriétaire » et il promet, s'il est élu aux prochaines élections, qu'il saura mieux que le gouvernement actuel accompagner entrepreneurs et entreprises.

Il déplore à ce chapitre le Plan Nord, qu'il voit taillé avant tout pour les compagnies étrangères plutôt que pour les Québécois.

Mario Laframboise, candidat défait de la CAQ dans Argenteuil Mario Laframboise, ex-bloquiste et candidat défait de la CAQ dans Argenteuil

CAQ : rappel des faits

La CAQ, alors qu'elle n'était encore qu'une intention, caracolait en tête des sondages. Mais entre sa fondation en novembre dernier et sa fusion avec l'ADQ, le parti a connu une chute brutale dans les intentions de vote. L'arrivée en son sein de transfuges, notamment du péquiste François Rebello, n'y serait pas étrangère.

Lors de l'élection partielle dans Argenteuil, où la CAQ présentait son premier candidat vedette, l'ex-bloquiste Mario Laframboise, le parti a terminé au 3e rang, alors que le PQ ravissait au PLQ un fief de longue date. Lors de son bilan de fin de session, François Legault a attribué cet échec au climat politique.

« On a actuellement un cynisme qui s'est accentué au Québec, on l'a vu dans le faible taux de participation lors des élections complémentaires lundi dernier. On peut parler non seulement d'un décrochage scolaire, mais d'un décrochage politique. » — François Legault

Des quelques mesures de son parti dont François Legault a fait l'éloge dans son bilan, on retrouve la proposition du député Daniel Ratthé, de février, d'assujettir les garderies à la loi sur les services essentiels. L'ex-député et transfuge péquiste estimait alors que les parents faisaient indument les frais de la grève tournante des éducatrices dans les CPE.

« Est-ce qu'on pourra dire qu'on doit assurer un minimum d'heures, un minimum de jours, un minimum d'éducatrices? » — Daniel Ratthé

Le PQ a déploré « l'amateurisme » de la proposition, y voyant même un risque à la sécurité des enfants, puisqu'un nombre moindre d'éducatrices se retrouverait à s'occuper des enfants.

« C'est une proposition amateur, faite sur le coin d'une table et aux conséquences dangereuses. » — La député Marie Bouillé

Le chef caquiste a aussi rappelé la volonté de son parti de créer un ordre professionnel des enseignants, afin d'améliorer la qualité de l'enseignement. Il serait notamment chargé d'évaluer ces derniers dans un esprit de formation en continu. La proposition a jusqu'ici été accueillie plutôt froidement par les principaux intéressés.