Le Parti québécois a remporté l'élection partielle dans la circonscription d'Argenteuil, détenue depuis 46 ans par le Parti libéral du Québec. Les libéraux conservent toutefois leur bastion de LaFontaine.
Dans Argenteuil, circonscription située au nord-ouest de Montréal, le péquiste Roland Richer l'emporte par 501 voix de majorité sur la libérale Lise Proulx.
Le PQ a obtenu sensiblement le même nombre d'appuis qu'en 2008.
Le candidat de la Coalition avenir Québec (CAQ), l'ancien député fédéral du Bloc québécois Mario Laframboise, n'a pas remporté son pari, mais il a obtenu plus de voix que les candidats de la défunte Action démocratique du Québec (ADQ) lors des dernières élections. Il a d'ailleurs grugé une bonne partie du vote libéral, ce qui a permis au PQ de l'emporter.
Le candidat du Parti vert, Claude Sabourin, est arrivé devant le candidat de Québec solidaire, Yvan Zanetti.
Marois jubile, Charest tempère
« Pour le gouvernement libéral, ce soir marque le début de la fin. Nous avons abattu une forteresse libérale et dans les prochaines semaines, c'est le gouvernement au complet que nous allons défaire », a lancé la chef péquiste Pauline Marois, après la victoire de son candidat.
La chef du Parti québécois répond aux questions des journalistes à la suite de la victoire de son candidat dans Argenteuil.
« C'est une victoire éclatante ce soir. C'est la victoire des Québécois. Le pouvoir n'appartient pas à une minorité, le pouvoir n'appartient pas aux libéraux et à leurs amis. Le pouvoir appartient aux Québécois et aux Québécoises », a-t-elle déclaré, avant d'appeler la population à voter massivement aux prochaines élections générales.
« Si les Québécois exercent leur droit de vote aux prochaines élections, le Québec sera débarrassé de ce gouvernement corrompu », a-t-elle soutenu.
Pauline Marois estime par ailleurs que le conflit étudiant a joué un rôle important dans cette élection partielle. « Dans le sens où on voit un premier ministre qui a laissé traîner les choses avec un résultat qui est actuellement lamentable. [...] C'est la responsabilité première de M. Charest, qui jamais n'a été capable de tendre la main aux étudiants », a-t-elle affirmé.
Le premier ministre Jean Charest aux côtés de sa candidate défaite dans la circonscription d'Argenteuil.
Présent dans Argenteuil aux côtés de sa candidate défaite, le premier ministre Jean Charest a dit respecter le choix des électeurs. Il a cependant assuré que ce n'était que partie remise, en vue de la prochaine élection générale.
Le chef libéral a précisé n'avoir jamais tenu le résultat du scrutin pour acquis et qu'il n'avait aucunement sous-estimé le Parti québécois. Jean Charest a conclu en soulignant le « travail extraordinaire » qu'a effectué sa candidate Lise Proulx dans la circonscription d'Argenteuil.
LaFontaine reste libérale
Dans LaFontaine, le libéral Marc Tanguay a obtenu plus de 53 % des votes. Loin derrière, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec finissent deuxième et troisième.
Le nouvel élu libéral a cependant obtenu moins de voix que son prédécesseur Tony Tomassi, qui avait obtenu les votes de quelque 70 % des électeurs en 2008. Le PQ a lui aussi obtenu un moins bon résultat qu'à la dernière élection.
« Nous aurons l'occasion de mettre l'épaule à la roue afin d'améliorer le transport public, afin de faire en sorte qu'il y ait davantage de soins à domicile et, en bout de piste, afin qu'on puisse créer des emplois et développer notre économie », a-t-il dit dans son discours de victoire. « Grazie mille », a-t-il ajouté à la fin de son discours. Située dans le nord-est de Montréal, la circonscription de LaFontaine compte une importante communauté italienne.
Les libéraux la détiennent depuis maintenant 27 ans.
Marc Tanguay
Les électeurs d'Argenteuil et de LaFontaine étaient appelés aux urnes lundi après que les sièges eurent été laissés vacants par le départ des députés Tony Tomassi et David Whissell. Le premier a été chassé en 2010 du conseil des ministres et du caucus libéral. Il fait maintenant face à des accusations de fraude et d'abus de confiance. Le deuxième a dû choisir entre son rôle de député et son entreprise de construction.
Ces deux scrutins constituaient par ailleurs le premier test électoral de la CAQ depuis sa création l'automne dernier. Arrivée en troisième position dans les deux circonscriptions, la formation politique de François Legault n'aura donc pas réussi à percer.
Les libéraux comptent désormais 64 députés au Parlement, contre 47 pour les péquistes. La Coalition avenir Québec détient 9 sièges, alors que l'Option nationale de Jean-Martin Aussant et Québec solidaire en possèdent chacun un.
L'Assemblée nationale compte deux députés indépendants ainsi qu'un siège laissé vacant par la récente démission de la ministre de l'Éducation Line Beauchamp, jusqu'alors députée de Bourassa-Sauvé.
À l'issue des deux élections complémentaires, il n'y a plus que quatre sièges qui séparent le gouvernement de l'ensemble des partis d'opposition.
Ces élections partielles surviennent alors que le moulin à rumeurs est reparti concernant un éventuel déclenchement d'élections générales entre le 13 et le 15 août, ce qui conduirait à un scrutin le 17 septembre prochain. Selon le journaliste de Radio-Canada Sébastien Bovet, le personnel politique libéral a reçu un message demandant de ne pas prévoir de vacances après la mi-août.
Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf, Philippe Chevalier et Melanie Julien