Le premier ministre Jean Charest s'est dit satisfait du travail des policiers lors des opérations menées dans le cadre de la fin de semaine du Grand Prix du Canada. Il a écarté du revers de la main les accusations de profilage politique formulées à leur endroit.
« Le Grand Prix, c'est le plus important événement touristique au Canada, et un événement comme celui-là commande un très haut niveau de sécurité », a-t-il plaidé, en marge du Forum économique international des Amériques, à Montréal, invoquant les menaces formulées « entre autres par une association étudiante pendant des négociations ».
« Je pense à la CLASSE [Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante], qui a fait une menace très directe sur le Grand Prix. Les événements que j'ai vus en fin de semaine, ce sont des manifestations, de la violence », a-t-il dit, soutenant notamment que des touristes avaient été rudoyés. « Je pense que [les policiers] ont bien fait leur travail.
Disant ne pas avoir d'information sur un profilage politique, le premier ministre a affirmé avoir au contraire entendu que les policiers avaient « quand même identifié des gens qui avaient dans leur sac à dos des pierres, des cocktails Molotov, des appareils pyrotechniques ».
Interrogé sur la reprise d'éventuelles négociations, il n'a pas dit que la porte restait ouverte comme il l'avait fait après la rupture des discussions, fin mai. Il a plutôt répété que son gouvernement avait « posé plusieurs gestes », évoquant notamment la bonification du régime de prêts et bourses et l'étalement de la hausse des droits de scolarité sur sept ans plutôt que cinq. Il a en outre rappelé que 70 % des étudiants étaient « restés dans leurs cours, ajoutant que plusieurs des 30 % restants avaient été « forcés en boycott ».
« Ça en prend deux pour négocier. [...] Ça en prend deux pour conclure une entente », a poursuivi M. Charest. Le conflit a « débordé la question des droits de scolarité », a-t-il en outre affirmé.
Plus tôt, le Service de police de la Ville de Montréal a lui aussi rejeté les allégations de profilage politique et justifié les 34 arrestations du week-end.
La Ligue des droits et libertés s'est de son côté indignée des « arrestations préventives », et la CLASSE a réclamé une enquête indépendante. La Coalition a également demandé à la Commission des droits de la personne du Québec de se pencher sur la question du profilage politique depuis le début du conflit étudiant au Québec, accusant le gouvernement Charest d'être responsable de la situation.
Le PQ demande des comptes à Dutil
Le Parti québécois estime pour sa part que les incidents rapportés par les médias sont assez sérieux pour que le ministre de la Sécurité publique rende des comptes à la population.
En entrevue à La Presse canadienne, le député Nicolas Girard a appelé la ministre de la Culture a s'excuser pour avoir associé le carré rouge, symbole de la lutte contre la hausse des droits de scolarité, à la « violence et l'intimidation », parlant d'un amalgame « irresponsable, bassement partisan ».
M. Girard arbore le carré rouge à l'Assemblée nationale comme tous ses collègues du PQ à l'exception du député de Richelieu, Sylvain Simard.