Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Le projet de loi spéciale qu'entend déposer le gouvernement pour mettre fin au conflit étudiant fera veiller les députés toute la nuit. À la demande du gouvernement, le président de l'Assemblée nationale a convoqué les députés à 20 h pour un débat extraordinaire portant sur le projet de loi annoncé la veille.
Celui-ci sera présenté à 21 h, mais sera précédé d'une période de questions d'un peu moins d'une heure. Il est difficile de décrire le déroulement exact des prochaines heures, les partis présentant des versions différentes de la procédure parlementaire.
Le gouvernement indiquait qu'il y aurait deux périodes de questions, tandis que le Parti québécois et Québec solidaire n'en évoquaient qu'une seule.
Le texte devrait être adopté vendredi soir ou, au plus tôt, en fin d'après-midi. Un ultime appel a toutefois été lancé jeudi après-midi pour faire en sorte que le gouvernement revienne sur sa décision.
Dans sa demande de convocation d'une séance extraordinaire envoyée plus tôt au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, Jean Charest précisait qu'elle était reliée à la présentation d'un projet de loi « visant à permettre aux étudiants de recevoir l'enseignement dispensé par les établissements de niveau postsecondaire qu'ils fréquentent ».
Les détails du projet de loi seront révélés au moment de son dépôt, le gouvernement devant obligatoirement divulguer le contenu du texte aux parlementaires avant d'en faire part au grand public, sous peine d'outrage au Parlement.
Période des questions houleuse
Lors de la période des questions jeudi, le Parti québécois a reproché au premier ministre de ne pas avoir pris le temps de s'asseoir lui-même avec les associations étudiantes pour tenter de trouver une solution négociée au conflit.
Pauline Marois
De son côté, le gouvernement se dit convaincu d'avoir pris la bonne décision. Devant l'impasse, il soutient avoir tout fait en son pouvoir pour trouver un terrain d'entente avec les représentants des associations étudiantes. Selon lui, il fallait maintenant agir pour permettre aux étudiants qui le souhaitent de retourner en classe.
La loi en question
Le premier ministre a annoncé le dépôt de ce projet de loi avec sa nouvelle ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et des représentants des milieux collégiaux et universitaires lors d'une conférence de presse mercredi soir à Québec.
La mesure, dont seules les grandes lignes ont été dévoilées, a été décriée par les leaders des associations étudiantes et l'opposition officielle.
À moins de la conclusion d'une entente entre la direction d'un établissement, les étudiants et les professeurs, la session d'hiver sera suspendue dans 14 cégeps et dans les facultés qui sont en grève dans 11 universités.
Les cours reprendraient en août pour se terminer fin septembre. La session d'automne s'amorcerait en octobre. Ces propositions ne touchent pas les cégeps et les universités qui terminent actuellement leur session de façon normale.
Selon Jean Charest, marquer une pause permettra de « résorber la tension ».