Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
La ministre de l'Éducation, Line Beauchamp
La ministre de l'Éducation du Québec, Line Beauchamp, dit avoir des contacts téléphoniques avec les représentants étudiants et affirme que la question des droits de scolarité pourra être discutée dans le cadre du conseil sur les universités qui doit être tenu à l'automne.
« On est plus en mode contacts téléphoniques en ce moment, parce qu'honnêtement, le temps compte », a déclaré la ministre. Elle se dit prête à donner des explications sur l'entente de principe, mais exclut une renégociation à court terme sur la question des droits de scolarité.
« Est-ce que la question des droits de scolarité est un enjeu à aborder autour d'une table qui s'appelle le conseil des universités? La réponse est oui », a déclaré la ministre dans les couloirs de l'Assemblée nationale.
La ministre a ensuite évoqué la feuille de route « très concrète » que le gouvernement et les étudiants se sont donnée. « Il y a des gains d'efficience à aller chercher, on a identifié les postes budgétaires. À quoi c'est applicable? On a dit que c'était applicable aux frais institutionnels obligatoires », a-t-elle expliqué.
La situation a aussi eu des échos à la période des questions, à l'Assemblée nationale. Le chef du Parti québécois, Pauline Marois, a pressé le premier ministre Jean Charest de ramener les acteurs du conflit autour d'une table de négociation.
« Nous sommes dans une impasse et dans un cul-de-sac. Je demande au premier ministre s'il a donné un mandat à son négociateur, à sa ministre, pour s'asseoir avec les représentants des étudiants et discuter de la façon dont on va sortir de cette crise », a demandé Mme Marois.
Le premier ministre a répondu qu'un tel mandat a « toujours existé » et qu'il n'avait donc pas besoin d'être créé aujourd'hui. Il a aussi donné à Mme Marois « l'assurance que nous allons et nous faisons tout pour rester en lien avec les associations étudiantes et s'assurer que nous puissions maintenir et créer cet espace de discussion », a dit le premier ministre, faisant référence au conseil des universités qui doit avoir lieu à l'automne.
M. Charest a une fois de plus dénoncé le port du carré rouge par la chef péquiste, lui demandant de dénoncer « ceux et celles qui contreviennent aux lois et bloquent l'accès au cours ».
« Je souhaite comme lui que les étudiants retournent dans leur classe, mais cependant je crois que le premier ministre a un devoir et une responsabilité : se rasseoir à la table de négociations », a répliqué Pauline Marois.
Un conseil des ministres doit avoir lieu cet après-midi. Le conflit étudiant devrait être au menu des discussions.
Les étudiants ont franchi un « cap psychologique »
Pendant ce temps, la tendance au rejet de l'entente semble se confirmer dans les cégeps et universités du Québec, où se tiennent de nombreux votes mercredi.
Sur les ondes de RDI, le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, Léo Bureau-Blouin, a affirmé que les priorités des étudiants semblent avoir changé.
« Jusqu'à tout récemment, le retour en classe était notre priorité, disons, en tant qu'organisation », a déclaré Léo Bureau-Blouin. « On s'est rendu compte de plus en plus en retournant dans les assemblées que les étudiants, on avait franchi un cap psychologique », a-t-il ajouté.
Selon lui, les étudiants rencontrés étaient très conscients des très grands impacts de la grève sur leur session et estimaient que « rendu là, la priorité devenait d'avoir une offre qui était acceptable, quelque chose qui est clair, qui est écrit noir sur blanc, et qui garantit aux étudiants d'avoir des retombées lorsqu'il y aura des gains d'efficience », a précisé Léo Bureau-Blouin.