Conseil national du PQ : Pauline Marois en mode électoral

  |  Radio-Canada avec La Presse Canadienne
La chef péquiste, Pauline Marois, à Québec, samedi La chef péquiste, Pauline Marois, à Québec, samedi

La chef péquiste Pauline Marois a prononcé un discours à saveur électorale, samedi, dans le cadre du conseil national du Parti québécois (PQ), à Québec, peu après l'annonce d'une proposition commune du gouvernement et des fédérations étudiantes qui pourrait mettre fin au conflit étudiant.

Selon Mme Marois, rien n'est impossible et le premier ministre libéral Jean Charest pourrait bien profiter de la fin des contestations pour se lancer en campagne électorale, même si M. Charest avait déjà qualifié d'« ignoble et grotesque » l'idée selon laquelle la question de la hausse des droits de scolarité constituerait un prétexte pour déclencher des élections.

Pauline Marois n'a pas manqué de décocher des flèches à M. Charest et au chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, ses deux adversaires dans la course serrée que se livrent les trois formations dans les sondages ces dernières semaines.

L'enjeu du prochain scrutin sera clair, a-t-elle déclaré devant ses militants en début de soirée.

« Voulez-vous congédier Jean Charest et son gouvernement, oui ou non? Si oui, votez Parti québécois. Sinon, votez libéral, et si vous ne savez pas, "on verra" », a-t-elle lancé en référence aux remarques évasives de François Legault sur le programme de la CAQ.

Elle a opposé sa méthode, celle de vouloir rassembler, à la méthode « autoritaire » de Jean Charest qui divise les Québécois, selon elle.

Elle a également comparé le style de gouvernement de Jean Charest à celui du premier ministre canadien Stephen Harper. Le leadership de M. Charest est fondé sur « le mépris, la confrontation et la division », et il a donné comme résultats « corruption, endettement, injustice et conflit social », a-t-elle dit.

Pour être à la tête de son parti, qui regroupe le plus grand nombre de membres, il faut « écouter, dialoguer et rassembler », a-t-elle répété constamment, une description de ce qu'on attend d'un premier ministre, à son avis.

Selon elle, les libéraux ont renoncé à défendre les intérêts du Québec et veulent vendre le Nord aux entreprises étrangères, tandis que la CAQ de François Legault suit les mêmes traces. Les Québécois sont mûrs pour changer de gouvernement, changer de direction et changer de pays, a-t-elle plaidé.

« Notre mission à nous, celle que nous devons mettre au-dessus de toutes les autres, c'est de rassembler, a-t-elle affirmé.

Par ailleurs, Mme Marois a condamné les émeutes survenues à Victoriaville vendredi, en marge du conseil général du Parti libéral du Québec. Elle a aussi une fois de plus critiqué la gestion de la crise étudiante par le gouvernement Charest. Selon elle, les négociations entre le gouvernement et les représentants des associations étudiantes auraient dû avoir lieu il y a deux mois et demi.

Concernant les priorités du PQ, Mme Marois a rappelé que son parti s'engageait à limiter les dons aux partis politiques à 100 $, à abolir la taxe santé, à réformer la loi 101 et à revoir le programme d'histoire dans les écoles secondaires.

Le Conseil national était l'occasion pour le parti d'approuver en principe une plateforme électorale, qui constitue un résumé des priorités du programme adopté l'an dernier.